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Asthme et usage de cocaïne - 28/06/19

Asthma and cocaine use

Doi : 10.1016/j.rmr.2018.08.026 
M. Underner a, , b, c, d , J. Perriot a, b, c, d, G. Peiffer a, b, c, d, N. Jaafari a, b, c, d
a Service de pneumologie, unité de tabacologie, centre hospitalier Henri Laborit, CHU La Milétrie, rue de la Milétrie, Pavillon René Beauchant, BP 577, avenue Jacques Cœur, 86021 Poitiers, France 
b Addictologie, dispensaire Emile Roux, 63100 Clermont-Ferrand, France 
c Pneumologie, centre hospitalier de Metz, Metz, France 
d Unité de recherche clinique, centre hospitalier Henri Laborit, 86021 Poitiers, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Introduction

L’usage de cocaïne peut être responsable de complications pulmonaires parmi lesquelles figure l’asthme.

Objectifs

Revue systématique de la littérature sur les données concernant l’asthme chez les consommateurs de cocaïne.

Sources documentaires

Recherche PubMed/Medline sur la période 1980–2017 avec pour mots-clés : « asthma* » ou « bronchospasm » et « cocaine » ou « freebase* » ou « crack », avec les limites « Title/Abstract » ; les langues retenues étaient l’anglais et le français. Parmi 108 articles, 43 résumés sélectionnés ont donné lieu à une double lecture aboutissant à retenir 22 études.

Résultats

Les 4 rapports de cas incluaient 11 patients (âge moyen : 28,3 ans [22–33 ans] ; (45,5 % de femmes). La cocaïne était sniffée (9 %), fumée (36,5 %) ou à la fois sniffée et fumée (54,5 %). Des antécédents d’asthme de l’enfance étaient notés dans 45,4 % des cas. Une insuffisance respiratoire aiguë nécessitant intubation et ventilation assistée était observée dans 45,4 % des cas. L’évolution était rapidement favorable (82 % ; 9/11), lentement favorable chez un patient et fatale chez un autre patient. Les autres études incluaient 6 études transversales, 4 études cas-témoins et 8 études longitudinales (7 études rétrospectives et une étude prospective). L’âge moyen était de 36,6 ans (44,7 % de femmes). Vingt pourcent des sujets consommaient exclusivement de la cocaïne et 80 % utilisaient plusieurs substances addictives (cocaïne et héroïne : 62 %). La prévalence de la consommation de cocaïne était plus élevée chez les sujets asthmatiques et la prévalence de l’asthme était plus élevée chez les consommateurs de cocaïne. La consommation de cocaïne inhalée peut favoriser le développement de l’asthme et les exacerbations de l’asthme. En cas d’exacerbation de l’asthme, les consommateurs de cocaïne sont plus souvent admis en soins intensifs et plus souvent intubés avec un recours plus fréquent à une ventilation invasive. Les exacerbations d’asthme peuvent être fatales malgré les mesures de réanimation. L’observance du traitement de l’asthme est moins bonne chez les consommateurs de cocaïne.

Conclusion

La consommation de cocaïne peut favoriser le développement d’un asthme et provoquer des exacerbations aiguës d’asthme (pouvant nécessiter une intubation et une ventilation assistée), voire des décès par asthme. Une consommation de cocaïne doit être recherchée systématiquement devant une exacerbation d’asthme et les praticiens doivent aider les usagers de cocaïne à arrêter leur consommation.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Introduction

Cocaine use can be responsible for many respiratory complications including asthma.

Objectives

Systematic literature review of data on asthma in cocaine users.

Documentary sources

PubMed/Medline search, on the period 1980–2017 with the following keywords: “asthma*” or “bronchospasm” and “cocaine” or “freebase*” or “crack”, limits “title/abstract”; the selected languages were English or French. Among 108 articles, 43 abstracts underwent dual reading to select 22 studies.

Results

In four case reports of asthma associated with cocaine use including 11 patients (mean age: 28.3 years [22–33 years]; sex-ratio: 2.5 [males: 71.5%]), cocaine was sniffed [snorted] (9%), smoked (36.5%) or both sniffed and smoked (54.5%). A medical history of childhood asthma was observed in 45.4% of the cases. Acute respiratory failure, requiring intubation and mechanical ventilation, was observed in 45.4% of the cases. Outcome was rapidly favorable in 82%; 9/11, progressively favorable in one patient, and fatal in another patient. Other studies included 6 cross-sectional studies, 4 case-control studies and 8 longitudinal studies (7 retrospective studies and one prospective study). The mean age was 36.6 years (women: 44.7%). Twenty percent of the subjects used cocaine exclusively, and 80% used cocaine combined with other addictive drugs (cocaine and heroin: 62%). The prevalence of cocaine users was higher in asthmatic subjects and the prevalence of asthma was higher in cocaine users. Cocaine use can be responsible for asthma onset and acute asthma exacerbation. In the case of asthma exacerbation, cocaine users were more likely to be admitted in intensive care units and to require intubation and invasive ventilation. Asthma exacerbations may be fatal in spite of resuscitation measures. Asthma treatment observance was lower in cocaine users.

Conclusion

Cocaine use may be responsible for asthma onset, acute asthma exacerbations (which may require intubation and invasive ventilation) or death related to asthma. Cocaine use must be systematically considered in the case of asthma exacerbation and practitioners must help cocaine users to stop their consumption.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Asthme, Bronchospasme, Cocaïne, Crack, Freebase

Keywords : Asthma, Bronchospasm, Cocaine, Crack, Freebase


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Vol 36 - N° 5

P. 610-624 - mai 2019 Retour au numéro
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