Effets de la corticothérapie systémique sur la composition corporelle : revue systématique de la littérature - 22/11/19
Résumé |
Introduction |
Les effets de la corticothérapie sur le plan osseux, avec la modification de la densité et de la masse osseuse, est bien connue. La prise de poids et la myopathie induites par l’hypercortisolisme sont classiques mais les données de la littérature concernent principalement la maladie de Cushing. Nous présentons les données issues d’une revue systématique de la littérature sur les effets de la corticothérapie systémique sur la composition corporelle (CC).
Matériels et méthodes |
MM et ML ont réalisé une recherche en août 2019, sur MEDLINE, en utilisant les termes (« Corticosteroid » OR « glucocorticoid ») AND (« Body Composition » [Mesh] OR « body composition » [Mesh] OR « Sarcopenia » [Mesh] OR « skeletal muscle mass » OR « appendicular muscle mass » OR « Muscle Mass » OR « Fat Free Mass » OR « CT Scan » OR « Electric Impedance » OR « Dual X Ray Absorptiometry » OR « Fat Mass » OR « Visceral Fat » OR « Subcutaneous Fat »). Les critères d’exclusion étaient la population pédiatrique et la maladie de Cushing. L’évaluation de la composition corporelle devait être effectuée par la réalisation d’une absorptiométrie biphotonique à rayons X (DEXA) pour l’évaluation des masses maigre (MM) et grasse (MG) ainsi que leur répartition.
Résultats |
La recherche a conduit à 3535 résultats. Après lecture des abstracts, 29 articles ont été lus, et finalement 19 études ont été retenues. Les populations étudiées étaient : population de patients asthmatiques (n=1), rhumatisme inflammatoire (n=10), myasthénie (n=1), maladie inflammatoire digestive (n=1), transplantée rénale (n=5), et transplantée cardiaque (n=1). Les schémas de corticothérapies étaient variables selon les études, avec une corticothérapie initiale à forte dose (0,5 à 1mg/kg/j) avec une décroissance secondaire ou une corticothérapie à faible dose et stable. Toutes populations confondues, Une prise de poids était présente dans 8 études (42 %), une augmentation de la MG dans 11 études (58 %). Une diminution de la MM sans modification du poids total était observée dans 5 études (23 %). L’étude la plus courte, étudiant l’exposition d’un population d’asthmatiques de moyenne d’âge de 53 ans à 10jours de corticoïdes à la posologie de 50mg/jour ne retrouvait pas de modification de la CC. Chez les sujets transplantés, les posologies de corticoïdes initiales étaient importantes avec une décroissance progressive. Une augmentation du poids et de MG était observée dans 4 études sur 6 ainsi qu’une diminution de la MM dans 3 études. Une étude comparait les effets de la prednisone et de la deflazacor, avec une prise de poids et de MG moins importante dans le groupe traité par deflazacor. Les études concernant des populations de rhumatismes inflammatoires comportait des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) (n=4), de lupus (n=3), de maladie de Horton (n=1) et deux études comportaient des populations hétérogènes. Les posologies de corticoïdes étaient variables, ainsi que les durées d’exposition (de 6 mois à 4 ans) et l’âge moyen des patients. Une augmentation du poids et de la MG était retrouvée dans 4 études sur 10. Une étude retrouvait une diminution du poids et de la MG. Concernant la MM, elle diminuait dans 1 étude, augmentait dans 1 autre diminuait dans 3 études et restait inchangée dans 5 autres.
Discussion |
L’hétérogénéité des populations étudiées, des types d’études, la posologie, le temps d’exposition aux corticoïdes et les traitements associés ne permettent pas la réalisation d’une méta-analyse. Il est donc difficile de conclure quant aux facteurs associés à une modification de la CC. La prise de poids est effectivement un élément fréquent avec la corticothérapie. Néanmoins, la stabilité du poids ne signifie pas qu’il n’existe pas de modification de la CC car une augmentation de la MG est possible ainsi qu’une diminution de la MM. Cette notion est importante car elle peut avoir un impact dans la population des sujets âgés avec possiblement des conséquences sur les paramètres de fragilité et sur la survenue de chutes.
Conclusion |
Les modifications de la composition corporelle induites par la corticothérapie ont été peu étudiées, notamment au cours des rhumatismes inflammatoires. Une prise de poids est fréquente mais la diminution isolée de la masse maigre est possible. D’autres études prospectives sont nécessaires afin d’étudier les conséquences de la modification de la composition corporelle, notamment dans les populations les plus vulnérables.
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Vol 40 - N° S2
P. A133 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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