Traitement de l’artérite à cellules géantes : résultats d’une étude multicentrique française - 22/11/19
, T. Ghesquiere 2, P. Charles 3, R. Paule 4, M. Samson 5, M. Gayraud 3, A. Chauvin 6, B. Terrier 7, L. Guillevin 8, L. Mouthon 8, A. Régent 9Résumé |
Introduction |
L’artérite à cellules géantes (ACG) est la vascularite des gros vaisseaux la plus fréquente. Elle touche les patients de plus de 50 ans. Les corticoïdes (CTC) restent le traitement de référence de l’ACG. Cependant, ils sont associés à de fréquents effets indésirables (EI), touchant jusqu’à 86 % des patients [1]. Depuis ces résultats, des traitements d’épargne sont utilisés (méthotrexate ou tocilizumab), mais leurs bénéfices en termes de réduction des EI liés au CTC sont faibles ou inconnus. De plus, l’application de recommandations sur l’ostéoporose cortico-induite ou les vaccinations lors des dix dernières années pourrait avoir changé les risques associés à la corticothérapie. C’est pourquoi, nous avons décrit les modalités thérapeutiques actuelles d’une ACG et recensé les EI associés aux CTC dans une cohorte récente.
Patients et méthodes |
Les patients porteurs d’ACG étaient inclus de façon rétrospective dans cette étude multicentrique. Les modalités thérapeutiques étaient décrites et les EI liés aux CTC étaient relevés à chaque consultation. Le critère de jugement principal était le pourcentage de patients ayant des EI liés aux CTC.
Résultats |
Entre mai 2009 et mars 2018, 162 femmes et 56 hommes ont été inclus dans l’étude ; l’âge médian était de 74 [EI 67–80] ans. Le suivi médian était de 35 [EI 21–61] mois. Tous ont reçu des CTC pour une durée médiane de 21 [17–29] mois, avec décroissance progressive permettant d’atteindre 5mg/jour en 11 [EI 9–16] mois. Soixante-quatre (30 %) patients ont reçu des traitements d’épargne. Les patients recevaient aussi des bisphosphonates (81 %) et 42 % d’entre eux ont été vaccinés contre le pneumocoque et/ou la grippe. Des récidives sont survenues chez 88 (41 %) patients. Parmi les 141 patients sevrés en CTC, 30 (21 %) ont rechuté. Les patients non rechuteurs avaient plus souvent des céphalées au diagnostic que les patients rechuteurs (82 % versus 64 % respectivement, p=0,005). Des EI sont survenus chez 136 (64 %) patients, incluant des fractures osseuses dans 13 % des cas, un diabète, une hémorragie digestive, une hypertension artérielle et une infection chez 2, 4, 8 et 12 % des patients respectivement Un âge>75 ans, une durée de traitement supérieure à 2 ans, un antécédent de diabète, et un antécédent d’évènement cardiovasculaire étaient associés à de plus nombreux EI liés aux CTC, de même que la prophylaxie par bisphophonates, mais pas les traitements d’épargne.
Discussion |
Les EI liés à la corticothérapie semblent moins fréquents qu’auparavant bien que les comparaisons historiques soient difficiles. La corticothérapie, adaptée aux recommandations françaises, est plus longue que dans les essais randomisés, mais le taux de rechutes/récidives est le même. L’âge>75 ans et la dose totale de CTC sont des facteurs de risques déjà connus d’EI liés à la corticothérapie. L’association entre la prophylaxie par bisphosphonates et les EI est un biais probable lié à la méthodologie rétrospective. Les traitements d’épargne ne semblent diminuer ni les EI ni les rechutes. Des études prospectives et à plus long terme sont nécessaires pour confirmer nos résultats.
Conclusion |
Bien que moins fréquents qu’auparavant, des EI liés à la CTC vont survenir chez 64 % des patients. Dans ce cadre, la place exacte des immunosuppresseurs et des biothérapies doit être évaluée individuellement.
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Vol 40 - N° S2
P. A68 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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