Détermination de sous-classes phénotypiques du syndrome des antiphospholipides par la méthode d’analyse en « cluster » : une étude multicentrique de 509 cas - 22/11/19
, C. Yelnik 2, N. Morel 3, R. Paule 4, P.Y. Hatron 2, R. Stammler 3, L. Placais 3, J.C. Piette 5, L. Mouthon 3, E. Hachulla 2, M. Lambert 6, V. Le Guern 3, N. Costedoat-Chalumeau 3Résumé |
Introduction |
Le syndrome des antiphospholipides (SAPL) est un syndrome hétérogène, pouvant comporter de nombreuses manifestations cliniques (thrombotiques, obstétricales, cutanées, neurologiques ou encore cardiaques) qui s’intègrent parfois dans un syndrome catastrophique des antiphospholipides (CAPS). Ce syndrome peut s’associer à d’autres maladies auto-immunes, notamment le lupus systémique (LS). L’objectif de cette étude est de déterminer de nouveaux phénotypes cliniques parmi les patients atteints de SAPL, en utilisant une méthode non supervisée en « cluster hiérarchique », afin d’étudier les différents sous-groupes phénotypiques homogènes de SAPL.
Patients et méthodes |
Cette étude a porté sur les patients inclus dans le registre multicentrique français « SAPL et Lupus ». Les patients inclus avaient un SAPL défini par les critères de classification de Sydney [1]. Une analyse en cluster hiérarchique a été réalisée à l’aide d’une analyse des correspondances multiples, puis par une classification hiérarchique ascendante, en utilisant 27 variables incluant les critères de classification, et un large panel de caractéristiques cliniques et biologiques du SAPL. Une comparaison des caractéristiques entre les différents sous-groupes a été réalisée à l’aide de tests du Chi2 et d’analyse de variance.
Résultats |
Au total, 509 patients ont été inclus dans l’analyse, en majorité de sexe féminin (78 %). L’âge médian (intervalle interquartile) au diagnostic de SAPL était de 32,8 ans [25,2–45,7] et la durée médiane de suivi était de 8,5 années [3,3–16,0]. L’analyse en cluster hiérarchique a permis d’identifier 4 groupes homogènes de patients, représentés par les variables cliniques ou biologiques prédominantes suivantes :
–cluster 1 : patients plutôt de sexe féminin (82 %), présentant des manifestations thrombotiques veineuses (78 %), sans maladie auto-immune associée (2,2 %) ;
–cluster 2 : patients plus âgés (45,8 ans), avec une prédominance féminine moins nette (35 % d’hommes), présentant une atteinte artérielle (89 %), une atteinte valvulaire (21 %), des migraines (21 %), un livedo (35 %), une hypertension artérielle (49 %) et des comorbidités cardiovasculaires (diabète, dyslipidémie) ;
–cluster 3 : patients de sexe féminin (92 %), plus jeunes (30,7 ans), atteints d’un LS (77 %), ou d’une autre maladie auto-immune (30 %), avec des thromboses veineuses (74 %), une thrombopénie (48 %) et une anémie hémolytique (14 %) ;
–cluster 4 : patients ayant souvent présenté un CAPS (77 %), avec une néphropathie associée au SAPL (92 %), une hypertension artérielle d’origine rénale (61,4 %), une épilepsie (14,3 %), une thrombopénie (46 %) et une valvulopathie (44 %), ainsi qu’une forte prédominance d’anticoagulant circulant (88 %) et d’anticorps anticardiolipine (96 %).
Bien qu’associés à des variables discriminantes, certains clusters pouvaient se chevaucher et présenter des variables similaires.
Conclusion |
Notre analyse a permis de dégager 4 différents sous-groupes phénotypiques de SAPL, en utilisant une méthode non supervisée sans a priori : des femmes avec thromboses veineuses, des patients plus âgés avec atteinte artérielle, cutanée, neurologique et cardiovasculaire, des femmes lupiques avec un SAPL, et des patients atteints de CAPS et d’atteinte rénale spécifique. Nos résultats confirment l’idée d’une hétérogénéité au sein des patients atteints de SAPL, sous-tendant de potentiels mécanismes physiopathologiques différents.
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Vol 40 - N° S2
P. A83-A84 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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