Anastomoses microvasculaires sans microscope : loupes versus smartphone - 27/11/19
Résumé |
Des revascularisations digitales ont été effectuées en situation sanitaire dégradée sans microscope. L’objectif de cette étude expérimentale était d’évaluer les possibilités et la qualité de réparations microvasculaires effectuées sous loupes grossissantes ou smartphone sur des artères de rat ayant un diamètre comparable à celui des artères digitales humaines.
Après avoir reçu l’approbation du comité d’éthique local sur l’expérimentation animale, 30 rats ont été répartis en trois groupes de 10 individus selon le moyen grossissant utilisé : microscope (groupe contrôle M), loupes (groupeL) et smartphone (groupe S).
L’aorte abdominale sous-rénale a été disséquée sous microscope, puis anastomosée par des points séparés de nylon 9/0 selon la technique de la bi-angulation symétrique en utilisant l’instrument grossissant spécifique à chaque groupe. Toutes les procédures ont été effectuées par le même opérateur ayant une pratique régulière de la microchirurgie. Les principaux critères d’analyse étaient : le diamètre des vaisseaux, la durée de l’anastomose, la perméabilité immédiate (T1) et après une heure (T2), ainsi que la qualité de l’anastomose.
La durée de l’anastomose était comparable entre les groupes M et L, mais elle était doublée dans le groupe S (p<0,001). Le nombre de fuites au retrait du clamp était plus important dans le groupe S. Les taux de perméabilité aux T1 et T2 étaient de 100 % dans les groupes M et L, mais étaient très inférieurs dans le groupe S (p<0,001). La qualité de l’anastomose était diminuée dans le groupe L et mauvaise dans le groupe S.
La réalisation d’anastomoses d’artères digitales sous loupes grossissantes est possible mais avec une qualité inférieure à celle du microscope, et donc avec un risque de thrombose secondaire plus élevé. En revanche, à l’heure actuelle, l’utilisation de smartphones ne permet pas la réalisation de réparations microvasculaires chez le modèle vivant.
Les loupes grossissantes sont alternative valable au microscope en contexte sanitaire dégradé. Le smartphone n’est qu’un outil de simulation intéressant au début de l’apprentissage de la microchirurgie.
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Vol 38 - N° 6
P. 433 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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