Complications des extravasations de perfusion de quinine à la main chez l’enfant - 27/11/19
Résumé |
Le paludisme, maladie transmise à l’homme par une piqûre de moustique est présente de façon endémique en Afrique et où l’enfant paye le plus lourd tribut. Le traitement habituel repose très souvent sur l’administration parentérale de sels de quinine. L’injection intramusculaire de quinine largement pratiquée dans les années 1980 et 1990 n’est plus recommandée depuis du fait de ses nombreuses complications orthopédiques graves à type de paralysies sciatique, de raideurs du genou. La voie intraveineuse actuellement recommandée n’est pas dénuée de complications. L’objectif de ce travail était de discuter les aspects cliniques et évolutifs des complications des extravasations de perfusions de quinine à la main chez l’enfant.
Nous rapportons 5 cas d’extravasations de perfusion de quinine à la face dorsale de la main chez quatre enfants et une adolescente âgée en moyenne de 6,53 ans avec des extrêmes de 8 mois et de 14 ans. Il s’agissait du côté dominant dans 4 cas et non encore déterminé dans un cas. L’extravasation intéressait la face dorsale de la main dans tous les cas.
Deux enfants ont été reçus en urgence dans un tableau de syndrome des loges de la main et de l’avant-bras associé à une fasciite. Pour les trois autres cas, il s’agissait de séquelles fonctionnelles à la main à type de raideur en extension sévère du poignet et des doigts. Les gestes effectués ont été une aponévrotomie et débridement dans deux cas avec ensuite une greffe de peau totale dans un cas, une ténolyse des tendons extenseurs dans deux cas avec greffe tendineuse et lambeau ulno-dorsal en îlot de couverture dans un des cas. Un des enfants n’a pas pu être opéré faute de moyens financiers. L’évolution s’est faite vers une récupération fonctionnelle complète dans deux cas et médiocre dans un cas. Nous déplorons un cas de décès et une situation inchangée pour l’enfant non opéré.
Le décès d’un des enfants ainsi que les séquelles graves notées nous oblige à tirer la sonnette d’alarme sur les complications des extravasations des perfusions de quinine à la main. Nous recommandons le respect du dosage des perfusions de quinine et la surveillance rigoureuse de leur administration, l’utilisation de cathéter, l’aspiration en urgence si possible et proscrivons les massages avec des pommades anti-inflammatoires en cas d’extravasation de perfusion de quinine.
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Vol 38 - N° 6
P. 439 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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