Exposition au mycophénolate pendant la grossesse en France entre 2010 et 2017 - 28/02/20
, S. Duret, T. Le Tri, R. Dray-SpiraRésumé |
Introduction |
Le mycophénolate (MPA) utilisé en première intention dans la prévention du rejet de greffe d’organes, est également prescrit pour traiter des maladies auto-immunes. En raison de son caractère hautement tératogène, en 2016 l’ANSM a renforcé les conditions de prescription et de délivrance du MPA chez les femmes en âge de procréer. L’objectif était de quantifier et caractériser l’exposition au MPA pendant la grossesse en France entre 2010 et 2017 selon le contexte pathologique d’utilisation (greffe d’organe ou autre).
Méthodes |
L’étude a été menée à partir des données du Système national des données de santé (SNDS). Toute grossesse avec au moins une dispensation de MPA dans les trois mois précédant le début et/ou pendant la grossesse a été considérée comme exposée. Ont été incluses toutes les grossesses exposées au MPA débutées et terminées entre le 01/04/2010 et le 31/12/2017. Les analyses ont consisté à décrire les grossesses (caractéristiques sociodémographiques des femmes, contexte pathologique d’utilisation, période d’exposition pendant la grossesse) ainsi que leurs issues (IVG, IMG, autres).
Résultats |
Au total, 383 grossesses exposées au MPA ont été identifiées : 175 (46 %) dans un contexte de greffe et 208 (54 %) hors contexte de greffe. Le nombre annuel de grossesses exposées était de l’ordre de 50 grossesses par an entre 2011 et 2017. La part des grossesses exposées dans un contexte de greffe et hors contexte de greffe est restée stable. La période d’exposition incluait le premier trimestre dans la majorité des cas (55 %) ; 169 (44 %) grossesses exposées ont eu une issue défavorable, principalement une interruption de grossesse. Parmi les 214 grossesses ayant donné lieu à une naissance vivante, 164 nouveau-nés exposés in utero au MPA ont pu être identifiés. Un diagnostic de malformation congénitale à la naissance a été retrouvé pour 19 d’entre eux (12 %).
Discussion/Conclusion |
Près de 400 grossesses ont été exposées au MPA entre 2010 et 2017, avec des conséquences importantes sur leur issue et sur le risque de malformations congénitales chez les enfants exposés in utero.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Mycophénolate, Transplantation, Maladies auto-immunes, Grossesse, SNDS
Plan
Vol 68 - N° S1
P. S4-S5 - mars 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
