Évaluation gériatrique standardisée dans une cohorte de personnes obèses âgées de plus de 60 ans candidates à une chirurgie bariatrique - 11/05/20
Résumé |
Introduction et but de l’étude |
La prévalence de l’obésité augmente chez les personnes âgées. La chirurgie bariatrique se pratique dans cette population, sans qu’il n’y ait de recommandations sur l’évaluation pré et postopératoire à réaliser. La perte de poids chez les personnes âgées n’est pas sans risque et peut entraîner une perte d’autonomie. Le CHU de Nîmes a réalisé une évaluation gériatrique spécialisée (EGS) pré et postopératoire pour évaluer la balance bénéfices/risques d’une telle procédure et dépister l’apparition d’effets indésirables.
Matériel et méthodes |
Étude quantitative rétrospective au CHU de Nîmes. Nous avons réalisé 38 EGS préopératoires et 6 EGS post-opératoires à 1 an après l’opération chez des personnes de plus de 60 ans candidates à une prise en charge par chirurgie bariatrique. Ces évaluations se sont déroulées lors d’une hospitalisation de jour dans le service de gériatrie. L’EGS comportait la recherche de critères de fragilité selon Fried, un bilan neuro-cognitivo-psychologique (MMSE, Horloge, 5 mots de Dubois, Mattis), un bilan thymique (MiniGDS), psychomoteur et fonctionnel (grip test, SPPB, vitesse de marche, get up and go test, ADL, IADL), dont une évaluation du risque osseux par DEXA et un bilan biologique.
Résultats et analyse statistique |
Trente huit patients évalués en préopératoire de 2016 à mai 2019 : 84 % de femmes, âge moyen=67,3 ans, IMC moyen=42,26kg/m2. 39,5 % ont été opérés (93 % de sleeve gastrectomies), 34,2 % sont en cours de préparation, 15,8 % ont arrêté le parcours pré chirurgical, 7,9 % ont été contre-indiqués pour la chirurgie. En préopératoire : 86 % étaient fragiles ou pré-fragiles selon les critères de Fried. Six pour cents avaient un MMSE pathologique, 47 % avaient un MiniGDS pathologique. Quarante quatre pour cent avaient une ostéopénie et 3 % une ostéoporose. Zero pour cent de mortalité, 13,3 % morbidité péri-opératoire. Six patients évalués à 1 an de la chirurgie : 100 % de femmes, IMC moyen=31,15kg/m2. La moyenne de perte de l’excès de poids était de 68,2 % à 1 an avec une amélioration des comorbidités. Les critères de fragilité avaient tendance à s’améliorer. Le MiniGDS était pathologique pour la totalité des personnes opérées. La densité minérale osseuse et l’index sarcopénique avaient tendance à s’aggraver.
Conclusion |
La chirurgie bariatrique semble efficace pondéralement chez les personnes âgées à 1 an de la chirurgie, avec une amélioration des comorbidités liées à l’obésité. 86 % des personnes évalués en préopératoire étaient fragiles ou pré-fragiles, avec une tendance à l’amélioration en postopératoire. Une vigilance semble indispensable concernant l’évaluation thymique pré et post opératoire, avec la nécessité de proposer un suivi en pré et postopératoire. Une évaluation de la densité minérale osseuse et le dépistage d’une sarcopénie semblent indispensable. Il semble exister sur nos premiers résultats, une tendance à l’aggravation de ces 2 paramètres en post-opératoire à 12 mois, chez ces personnes âgées. Une EGS s’intégrant à l’évaluation globale pluridisciplinaire est indispensable en préopératoire pour relever d’éventuelles contre-indications ou précautions, à renouveler annuellement en post-opératoire pour dépister d’éventuels risques spécifiques liés à l’amaigrissement.
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Vol 34 - N° 1
P. 12 - avril 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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