Effet d’un programme d’activité physique sur la fonction musculaire chez des personnes vieillissantes vivant à domicile - 11/05/20
, J.S. Vidal 2, O. Hanon 2, 3, 4, A. Bichon 5, C. Mairesse 6, C. Flouquet 7, A. Raynaud-Simon 1, 2, 3Résumé |
Introduction et but de l’étude |
L’activité physique (AP) est associée à une amélioration de la qualité du vieillissement, en limitant notamment le déclin fonctionnel. Les études interventionnelles, généralement conduites chez des personnes âgées sédentaires ou fragiles et basées sur des programmes d’AP pluri-hebdomadaires montrent une augmentation de la force et de la fonction musculaires à court terme. Cependant, nous ne disposons que peu de données « en vie réelle », incluant des sujets vieillissants non sélectionnés, dans des programmes généralement moins intensifs.
Matériel et méthodes |
Nous avons mené une étude observationnelle, prospective, multicentrique contrôlée avec groupe parallèle dans 38 centres communautaires, proposants des ateliers hebdomadaires dans le cadre d’un programme de prévention organisé par Prévention Retraite Ile-de-France (PRIF) et la Caisse Nationale Assurance Vieillesse (CNAV). Les retraités ont été invités à participer à des ateliers hebdomadaires pendant 3 mois (12 séances). Les participants ont été considérés pour l’inclusion dans les ateliers de stimulation cognitive, constituant le groupe contrôle (groupe mémoire, «M») et les ateliers d’activité physique (groupe «AP»). Les paramètres nutritionnels et les tests fonctionnels musculaires (Time Up and Go (TUG), lever de chaise, station unipodale, vitesse de marche, force de préhension et Short Physical Performance Battery (SPPB)) ont été réalisés à l’inclusion et à l’issue des 12 séances dans chacun des groupes.
Résultats et analyse statistique |
Parmi les 288 participants inclus (161 dans le groupe AP et 127 dans le groupe M), l’âge moyen était de 74 ans. Selon les critères de Fried, 49 % des participants étaient non fragiles, 46 % pré-fragiles et 5 % fragiles. A l’inclusion, le SPPB étaient en moyenne moins élevé dans le groupe AP (10,8/12) que dans le groupe M (11,1/12), p=0,02. De plus les participants du groupe AP rapportaient significativement plus fréquemment un antécédent de chute dans l’année passée. Après les 12 séances, le SPPB a été significativement amélioré dans les 2 groupes, mais l’amélioration dans le groupe AP était significativement plus importante en comparaison au groupe M (+0,39 vs +0,32 points en moyenne, p=0,03, après ajustement sur l’âge le sexe, le nombre de séances suivies et le score SPPB à l’inclusion). D’autres paramètres fonctionnels étaient également améliorés (TUG, station unipodale, vitesse de marche) mais ces améliorations n’étaient pas statistiquement différentes dans les 2 groupes.
Conclusion |
Un programme d’AP en vie réelle, d’intensité modérée (1 séance/hebdomadaire) et incluant une population vieillissante, restant majoritairement non fragile, est associé à une amélioration modeste mais significative des paramètres fonctionnels musculaires (SPPB) à 3 mois.
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Vol 34 - N° 1
P. 51 - avril 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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