Supplémentation en vitamine D et exercice physique imposé : approche expérimentale chez la souris âgée en surpoids - 11/05/20

Résumé |
Introduction et but de l’étude |
La surcharge pondérale, la sédentarité et les désordres métaboliques qui en découlent sont des facteurs de risque reconnus pour le cancer du sein et sa récidive, particulièrement en situation de ménopause. Dans ce contexte, le statut en 25(OH) vitamine D (VD) est inversement corrélé au risque de cancer. Outre ses effets immunomodulateurs, la VD présente des propriétés anti-tumorales. Si le bénéfice de l’exercice physique est démontré dans le cadre de la prévention du cancer, son impact sur l’immunité reste peu évalué. L’impact d’une supplémentation en VD et d’une activité physique imposée sur l’immunité anti-tumorale a été étudié dans un modèle de cancer mammaire.
Matériel et méthodes |
Des souris âgées de 33 semaines ovariectomisées (n=50), recevant un régime hyperlipidique (HF : 4,5kcal/g) ont été randomisées en 4 groupes supplémentés ou non en VD3 (D : 12,5UI/g) et pratiquant ou non un exercice imposé d’intensité modérée (HF+Ex ; HFD+Ex) sur tapis roulant (10m/min, 30 à 45min/j, 5j/7j pendant 14 semaines (S). A S8, une injection orthotopique de cellules cancéreuses mammaires syngéniques EO771 a été réalisée. Outre le suivi de la croissance tumorale, à S14 l’infiltrat immunitaire et l’expression des acteurs du métabolisme de la VD ont été explorés dans la tumeur. Les résultats sont exprimés sous forme de moyenne±ET, et traités par ANOVA 2 voies+test post-hoc de Bonferroni, p<0,05.
Résultats et analyse statistique |
Indépendamment de l’ingesta et avant implantation tumorale, l’Ex réduit le poids corporel total (p=0,05). À la mise à mort, l’Ex réduit la masse grasse totale et en particulier la graisse viscérale (1,53±0,83 (HF) ; 1,44±0,81 (HF+D) ; 1,23±0,65 (HF+Ex) ; 0,88±0,62 (HF+D+Ex)g, p=0,08). La VD, quel que soit le groupe, est associée à un moindre volume tumoral à S12 post-implantation (p=0,05). La VD, seule ou associée à l’Ex, retarde la mise à mort. L’Ex améliore la survie mais accroît la masse tumorale (p<0,01). Au niveau tumoral, l’infiltrat leucocytaire reste inchangé quel que soit le groupe. Toutefois, la VD diminue significativement la proportion des cellules NK, des lymphocytes Th1 et Treg et l’Ex seul accroît celle des cellules NK (p<0,05). La VD et l’Ex répriment indépendamment l’expression génique tumorale du récepteur de la vitamine D, de l’enzyme CYP27B1, responsable de son activation, et stimule celle de CYP24A1 impliquée dans sa dégradation, (p<0,05). Les deux traitements réduisent drastiquement l’expression de ces trois marqueurs (p<0,001).
Conclusion |
Dans notre modèle, l’effet anti-tumoral de la VD reste faible en lien avec l’induction d’un microenvironnement tolérogène et la sous-expression des acteurs de son métabolisme. Bien que l’exercice imposé influe l’infiltrat de cellules immunitaires la combinaison des deux traitements concourt à la sous expression génique des acteurs du métabolisme de la VD. Ces effets pourraient contribuent à limiter l’action de la VD
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Vol 34 - N° 1
P. 72 - avril 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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