Addiction à l’alimentation - 29/05/20
, M. Fatseas 2, P. Brunault 3Résumé |
Le DSM-V concrétise l’élargissement du champ des addictions aux addictions sans drogue et des Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) à l’hyperphagie boulimique, mais ne définit pas de lien entre addictions et TCA, bien que l’addiction à l’alimentation (AA) soit une donnée clinique maintenant mesurable et dont le principal outil est la Yale Food Addiction Scale (YFAS) [1].
Au cours de cette session seront présentés différentes approches du concept d’AA par l’YFAS:
1 – une étude de prévalence de l’AA évaluée avec l’YFAS dans un échantillon de 127 patients débutant des soins pour un TCA (anorexie mentale, boulimie nerveuse ou hyperphagie boulimique), avec comme principal résultat 82 % de prévalence et un gradient allant de 64 % (anorexie mentale de type restrictif) à 94 % (boulimie nerveuse). D’autres résultats concernant les liens entre la présence de l’AA et les caractéristiques cliniques et psychopathologiques des patients seront aussi développés.
2 – une étude descriptive des caractéristiques cliniques associées au diagnostic d’AA en s’intéressant au craving à l’alimentation chez 75 sujets obèses en demande de prise en charge. La prévalence de l’AA évaluée avec l’YFAS était de 17 % et le craving pour les aliments sucrés était significativement plus intense et associé au diagnostic d’AA. Le craving à certains aliments palatables pourrait ainsi, de façon similaire à l’addiction aux substances, constituer une motivation essentielle et un mécanisme central dans la prise alimentaire compulsive favorisant le développement de l’obésité.
3 – une étude testant l’hypothèse selon laquelle l’addiction à l’alimentation serait un facteur médiateur entre trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et surpoids/obésité. Autrement dit, la prévalence élevée d’obésité chez les patients TDAH [2] pourrait, chez certains patients, être secondaire à un trouble addictif : l’AA. Cette hypothèse a été testée dans une population de 105 patients obèses chez lesquels ont été évalué le diagnostic de TDAH (DIVA 2.0, ASRS, WURS), l’addiction à l’alimentation (YFAS 2.0, critères DSM-5) [3] et l’obésité. Dans cette population, la prévalence de TDAH était de 26,7 % (prévalence dix fois supérieure à celle observée en population générale adulte). Les associations constatées entre TDAH, addiction à l’alimentation et obésité, ainsi que la constatation d’un âge de début du TDAH plus précoce que l’obésité, sont autant d’arguments en faveur de cette hypothèse.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Addiction à l’alimentation, Anorexie, Boulimie, Hyperplasie boulimie, Obésité, TDAH
Vol 1 - N° S
P. S56 - novembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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