ATS15 - 09/04/08
Contexte : Les sujets âgéset polypathologiques, déments ou fragiles présentantun tableau d’ischémie aiguë du membreinférieur amènent à un questionnement éthiquedifficile. En effet, le plus souvent un geste de revascularisationest impossible et l’on est confronté à l’indicationd’une amputation. Elle aura pour but d’améliorerle confort du patient, d’éviter des complicationsultérieures (gangrène, choc septique) et de faciliterla réalisation des pansements. Au contraire sa non-réalisationpourra être difficile à vivre pour l’équipesoignante qui risque d’être confrontée à dessoins difficiles à réaliser en termes de confort,avec des plaies douloureuses parfois très suintante etdont l’odeur peut être difficilement supportablepour le patient, son entourage et l’équipe soignante.La décision n’est donc pas simplement à savoirs’il faut entreprendre une intervention chirurgicale ouprescrire un traitement médical de confort, et cette décisionn’est pas que du ressort du chirurgien vasculaire :de nombreux éléments vont entrer en ligne de compte dansla prise de décision.
Les nécroses de membres posent de difficiles questionsthérapeutiques et éthiques. Des exigences opposéesse confrontent concernant la finalité du soin, la justificationdes stratégies et les prises en charge des patients etdes familles : la décision d’amputerou non repose aussi bien sur des critères objectifs scientifiquesque sur des critères subjectifs variables : Crainted’une évolution vers des douleurs intolérables,patient jugé trop âgé, atteintes cognitivesmal évaluées, position de l’équipecontre l’acharnement thérapeutique…
Objectif : Approfondir par une enquêteles critères amenant à la décision d’amputerou non un patient atteint d’artérite douloureuse.Voir le poids des arguments subjectifs par rapport aux critères médicauxobjectifs dans la prise de décision.
Méthode : Notre groupe a passé enrevue les différents arguments pour ou contre l’amputation encas de nécrose douloureuse à partir de l’expériencede chacun dans son activité quotidienne. Le résultatde notre réflexion a abouti à l’élaborationd’un questionnaire reprenant de manière ordonnéeces différents éléments. Ces questionnairesvont permettre de travailler sur des dossiers où s’estposée la question de l’amputation en cas d’artéritesévère douloureuse afin de les analyser. Nouspourrons mettre en valeur et identifier les critères majeurset mineurs pour la prise d’une telle décisiond’amputation, geste encore fortement symbolique et mutilant.
Conclusion : Notre enquête a pour butde lancer une réflexion autour de ces décisionsd’amputation ou de non amputation afin d’anticiperau mieux les situations avant qu’elles ne deviennent sourcede conflit, notamment dans le cas des artérites évoluées chezles patients fragiles ou ayant des atteintes cognitives… Ilest important, dans de telles situations, d’avoir une priseen charge pluridisciplinaire et concertée avec un soutienpermanent de l’entourage, de l’équipesoignante vis-à-vis du patient, en ayant des critères dedécisions thérapeutiques ou d’abstentionthérapeutique, avec des alternatives, afin d’éviterde se trouver dans une impasse ou d’être confronté à unconflit éthique.
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Vol 8 - N° HS1
P. 61 - octobre 2007 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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