Évolution récente des circonstances diagnostiques de l’infection à VIH chez l’enfant : expérience d’un centre de référence pédiatrique de 2015 à 2019 - 22/08/20
Résumé |
Introduction |
L’infection par le VIH en pédiatrie est marquée par une diminution majeure de la transmission mère–enfant (TME) grâce à l’utilisation large des multithérapies antirétrovirales pendant la grossesse. Toutefois des nouveaux diagnostics d’infection à VIH chez l’enfant sont encore observés en France.
Matériels et méthodes |
L’objectif de cette étude est de décrire le profil épidémiologique et les circonstances de diagnostic de l’infection par le VIH chez des enfants pris en charge ces 5 dernières années dans un centre de référence de France métropolitaine. L’ensemble des enfants âgés de 0 à 18 ans ayant eu un diagnostic d’infection à VIH entre le 1/01/2015 et le 31/12/2019 dans notre centre pédiatrique français métropolitain ont été inclus dans une étude descriptive rétrospective.
Résultats |
Dans la période de l’étude 45 enfants avec un sex-ratio M/F de 0,33 ont été nouvellement pris en charge pour une infection à VIH. Le diagnostic a été effectué à un âge médian de 11 ans IQR (0 ; 17). Quatre-vingt-deux pour cent (n=37) ont été infectés par TME, 9 % (n=4) sexuellement, 2,2 % (n=1) par transfusion et 6,6 % (n=3) de contamination inconnue. Trente et un sur 45 enfants (69 %) étaient nés à l’étranger dont 87 % (n=29) en Afrique subsaharienne. Parmi eux, 20 enfants étaient connus infectés avant leur arrivée en France, dont 18 bénéficiant d’un traitement antirétroviral préalablement. Pour les 11 nouveaux diagnostics, le délai médian entre l’arrivée en France et le diagnostic était de 4 mois IQR (1 ; 120 mois). Cinquante-quatre pour cent (n=6) dans le cadre d’un dépistage systématique (bilan migrant ou découverte de VIH maternel), 36 % (n=4) dans un contexte de symptômes classant SIDA.
Quatorze sur 45 enfants étaient nés en France (31 %), avec un âge médian au diagnostic de 3 ans IQR (0 ; 17). Parmi eux, 28,5 % ont été diagnostiqués devant des symptômes classant SIDA (n=4), 28,5 % lors de la découverte d’une infection VIH maternelle (n=4), 21 % dans le cadre d’un échec de PTME (n=3), 14 % dans un contexte de primo-infection après transmission sexuelle (n=2), et 7 % lors d’une IVG (n=1).
Conclusion |
Les migrants représentent la part la plus importante des nouveaux diagnostics d’infection à VIH chez l’enfant dans cette étude. Toutefois, la proportion de nouveaux diagnostics d’infections chez des enfants nés en France reste importante (31 %) et en rapport avec de probables contaminations en fin de grossesse ou pendant l’allaitement suggérant l’intérêt de la répétition de la sérologie VIH en cas de facteurs de risque chez des mères séronégatives en début de grossesse. La fréquence des diagnostics tardifs au stade SIDA chez les enfants nés en France ainsi que l’observation de primo-infections chez des adolescents rappellent l’importance du dépistage en pédiatrie en cas de signes évocateurs de VIH indépendamment du lieu de naissance ou de la connaissance d’une séropositivité maternelle.
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Vol 50 - N° 6S
P. S194 - septembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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