Cohorte nationale sur l’utilisation du céfiderocol - 22/08/20
Résumé |
Introduction |
Le céfidérocol est une nouvelle cephalosporine sidérophore, agissant sur les pathogènes résistants aux carbapénèmes, tels que les Entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC), Pseudomonas aeruginosa, et Acinetobacter baumannii. Sa mise sur le marché a récemment été autorisée par la FDA, mais son utilisation en vie réelle est peu connue. Nous nous sommes intéressés aux premières prescriptions en France sur une période de 13 mois.
Matériels et méthodes |
Étude rétrospective multicentrique incluant tout patient ayant reçu au moins une dose de céfidérocol de novembre 2018 à décembre 2019. Les données épidémio-cliniques, biologiques et l’évolution des patients ont été recueillies grâce à un questionnaire standardisé. L’échec était défini comme : la persistance ou la réapparition de signes d’infection, et/ou prescription d’un traitement suppressif, et/ou décès pour cause infectieuse.
Résultats |
Au total, 13 patients inclus dans 6 hôpitaux ont été inclus. Les indications étaient : infections respiratoires basses (n=10, 77 %), infections ostéoarticulaires (n=2, 15 %), infections intra-abdominales (n=2, 15 %), bactériémies (n=2, 15 %), infections urinaires (n=1, 8 %), et infection cutanée (n=1, 8 %). Quatre patients avaient des infections multiples.
Les bactéries responsables étaient : P. aeruginosa (n=10, 77 %), y compris P. aeruginosa productrice de carbapénémase (n=7, 54 %), EPC (n=2, 15 %), et A. baumannii productrice de carbapénémase (n=2, 15 %).
Les principaux mécanismes de résistance étaient : carbapénémases de type OXA et VIM (n=8, 62 %), et imperméabilité (n=5, 39 %).
Les concentrations minimales inhibitrices (CMI) à la colistine et au céfidérocol des souches de P. aeruginosa allaient de 1,0 à 2,0mg/L, et de 1,0 à 4,0mg/L, respectivement.
Le céfidérocol était prescrit après une moyenne de 3,0±3,8 lignes d’antibiothérapie.
Les dosages les plus courants étaient 2g/j en 3 injections (n=6) et 4 injections (n=3).
Aux dernières nouvelles, 8/13 patients (61,5 %) étaient classés en « guéris », et 5/13 (38,5 %) classés en « échecs ».
Conclusion |
Les premières utilisations du céfidérocol en France étaient pour la plupart pour des infections respiratoires à P. aeruginosa, et uniquement en thérapeutique de sauvetage dans des infections sévères. Il semble efficace dans 60 % des cas et bien toléré.
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Vol 50 - N° 6S
P. S38 - septembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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