Modélisation préclinique de la cystite radique chronique et étude du potentiel d’une thérapie cellulaire - 20/09/20
, A.-C. Lefranc 1, M. Dos Santos 2, M. Benadjaoud 1, C. Demarquay 1, V. Buard 1, G. Tarlet 1, C. Squiban 1, C. Linard 1, N. Mathieu 1, R. Granger 3, A. Sache 3, D. Denais Laliève 3, J.-M. Simon 4, M. Benderitter 1, F. Milliat 1, A. Chapel 1Résumé |
Introduction et but de l’étude |
La cystite radique chronique est une maladie parfois consécutive des radiothérapies pelviennes. Elle est caractérisée par une inflammation chronique, des lésions vasculaires et une hypoxie des tissus évoluant vers la fibrose. En clinique, la cystite radique chronique entraîne des douleurs, des saignements, de l’incontinence et dans les cas les plus graves des fistules. Il n’existe pas de traitement curatif. Nous proposons de tester une thérapie cellulaire utilisant les cellules stromales mésenchymateuses comme nouvelle approche thérapeutique. Nos études précédentes sur la rectite radique ont montré que les cellules stromales mésenchymateuses peuvent moduler l’inflammation chronique et la fibrose tissulaire après irradiation.
Matériel et méthodes |
Notre étude est divisée en deux parties, la modélisation de la cystite radique chronique puis l’effet d’un traitement par les cellules stromales mésenchymateuses. La modélisation préclinique de la cystite radique chronique chez le rat a été réalisée par irradiation localisée guidée par l’imagerie scanographique de la vessie entre 20 et 80Gy avec un suivi de 3 à 15 mois après l’irradiation. L’évolution de la cystite radique chronique a été suivie au niveau de l’expression des gènes, des protéines, des paramètres histologiques et fonctionnels.
Résultats et analyse statistique |
La mesure des paramètres urinaires a révélé une hématurie transitoire augmentant avec le temps et la dose d’irradiation sans diminution du volume urinaire jusqu’à 6 mois. L’analyse transcriptomique indiquait une inflammation aiguë à 3 mois (augmentation de l’expression des gènes codant pour le chemokine [C-C motif] ligand [CCL]-2, CCL5, le tumour necrosis factor alpha [TNFα] et l’interleukine [IL]-1β). Elle était accompagnée d’une régénération tissulaire et vasculaire (augmentation de l’expression génique de l’epidermal growth factor [EGF] et du vascular endothelial growth factor [VEGF]) couplée à un remodelage de la matrice extracellulaire avec l’augmentation de l’expression génique de la métalloprotease MMP2, des inhibiteurs TIMP1/2/4, des collagènes Col1α2, Col3α1 et du protéoglycane Cspg4. A 6 mois, une deuxième phase d’inflammation (augmentation de l’expression des gènes codant pour CCL5, IL1β, IL6 et l’hypoxia-inducible factor 1-alpha [HIF1α]) a été observée. Elle était corrélée avec une désorganisation de l’urothélium mais sans régénération tissulaire et vasculaire, ni de remodelage de la matrice extracellulaire.
Conclusion |
Ces premiers résultats sont en faveur de la mise en place d’une cystite radique chronique 6 mois après l’irradiation, caractérisée par une inflammation chronique, des signes d’hypoxie, d’hématurie et de désorganisation de l’urothélium, sans diminution du volume urinaire. L’analyse de la cinétique sur des temps plus longs permettra de caractériser l’évolution vers une cystite radique chronique confirmée accompagnée de fibrose. La seconde phase de l’étude est en cours pour évaluer si le traitement par les cellules stromales mésenchymateuses pourrait limiter la fibrogénèse en inhibant les voies inflammatoires et en augmentant l’angiogenèse. Nos résultats fourniront des données concernant le potentiel antifibrotique des cellules stromales mésenchymateuses et le traitement de la cystite radique par les cellules stromales mésenchymateuses.
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Vol 24 - N° 6-7
P. 790 - octobre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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