Bien-être au travail : réduction du risque cardiovasculaire ? - 27/09/20
Résumé |
Le stress psychosocial, par ses aspects psychiques, sociaux et économiques, est un puissant facteur de risque de survenue et d’aggravation des maladies cardiovasculaires. Le risque psychosocial au travail est une des composantes majeures de ce stress psychosocial qu’il s’agisse de stress au travail, de syndrome d’épuisement professionnel, de chômage, de menace de licenciement ou encore d’horaires prolongés ou de travail en horaires décalés. En 2012 puis en 2016, la Société Européenne de Cardiologie a insisté sur la nécessité d’une prise en charge du stress psychosocial pour réduire le risque coronarien. De la même façon, on assiste à l’heure actuelle, même si beaucoup d’efforts restent à faire, à une volonté de prise en charge plus efficace de la souffrance au travail. Il existe un parallélisme entre cette réduction du risque psychosocial individuel en cardiologie et une tentative de réduction des risques psychosociaux au sein de l’entreprise. Il s’agit de diminuer la souffrance psychique pour l’amener à un niveau tolérable afin d’amoindrir le risque d’un impact négatif sur la santé. Au-delà de cette attitude thérapeutique consistant à diminuer la souffrance psychique individuelle et le risque psychosocial dans l’entreprise, il est judicieux de se poser la question de savoir si une véritable prévention plus efficace ne doit pas se fixer comme objectif principal de développer le bien-être de l’individu dans sa vie personnelle et professionnelle. Il existe, à l’heure actuelle, une importante littérature scientifique validée qui montre que les émotions positives, l’optimisme, la recherche du bonheur sous ses différents aspects ont un retentissement positif à la fois sur le bien-être psychologique et sur la santé globale et cardio-vasculaire. Une méta-analyse récente confirme que le bien-être et l’optimisme entraînent une baisse de 35 % de la mortalité cardiovasculaire. La souffrance psychosociale dans l’entreprise semble, pour certains, être le prix à payer pour une meilleure performance. Or, différents travaux montrent que l’augmentation du stress au travail provoque, à terme, une baisse de la performance de l’entreprise par augmentation de l’absentéisme, du risque d’accident du travail et par diminution de la motivation des salariés. Le fonctionnement du corps humain pourrait être comparé à celui d’une entreprise. Si une « politique du bien-être » entraîne une amélioration de la santé individuelle, il est donc intéressant de se poser la question de savoir s’il n’est pas temps de promouvoir le bien-être au travail afin de diminuer le risque en particulier sur la santé cardio-vasculaire tout en augmentant la performance de l’entreprise.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Risque psychosocial, Bien-être, Travail
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Vol 81 - N° 5
P. 427 - octobre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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