Benzodiazépines et risque routier - 27/09/20
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Résumé |
Les benzodiazépines et les médicaments apparentés (zopiclone, zolpidem) sont les médicaments psychotropes les plus consommés en France. En 2015, selon l’ANSM, 10,3 % de la population française a eu recours à une benzodiazépine anxiolytique et 5,6 % à une benzodiazépine hypnotique. Compte-tenu de leurs propriétés, ces médicaments peuvent présenter un risque pour la conduite. Plusieurs facteurs peuvent intervenir dont la phase d’initiation du traitement, le délai entre la prise des benzodiazépines et la conduite ainsi que l’environnement monotone (autoroute…). En 2019, Orriols et al. ont montré que le risque d’être responsable d’un accident routier après prescription de ce type de médicament est significatif avec une benzodiazépine anxiolytique (odds ratio = 1,27 [IC 95 % = (1,09–1,47)]) ou avec un médicament apparenté à visée hypnotique (odds ratio = 1,38 [IC 95 % = (1,11–1,71)]). Depuis l’arrêté du 13 mars 2017, un pictogramme de classe 3 « Attention, danger : ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite demandez l’avis d’un médecin » est apposé sur les emballages des benzodiazépines et apparentés. La prise de ce type de substance psychoactive peut être liée à des problèmes personnels mais aussi à des facteurs liés au travail. Pour Hautefeuille M. (2017), l’utilisation de médicaments psychotropes par certains salariés correspond à un « dopage au quotidien ». À l’aide des données de la cohorte Constances, Airagnes G et al. (2019) ont montré que le travail au contact du public augmente significativement le risque de mésusage de benzodiazépines. Aussi, il est nécessaire que les actions des équipes pluridisciplinaires de santé au travail se fassent tant en milieu de travail que lors du suivi individuel de l’état de santé des travailleurs. Sur le plan collectif, les actions peuvent porter, entre autres, sur la prévention des risques psychosociaux et des effets liés aux horaires atypiques. Les visites, effectuées dans le cadre du suivi de l’état de santé du salarié, sont l’occasion de faire le point sur ses éventuels traitements psychotropes et usages d’autres substances psychoactives. Des conseils spécifiques aux benzodiazépines et apparentés peuvent lui être délivrés, notamment en cas de modification du traitement, d’association aux opiacés, d’usage d’alcool… Enfin, il est utile de rappeler au salarié qu’il peut solliciter une visite auprès du médecin du travail en cas de besoin.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Benzodiazépines, Risque routier, Substances psychoactives, Conduites addictives
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Vol 81 - N° 5
P. 655-656 - octobre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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