Lichen plan bulleux et traitement anti-« programmed cell-death-1 » : cas clinique et revue de la littérature - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Les effets secondaires cutanés des immunothérapies sont de plus en plus rencontrés en pratique courante. Bien que les réactions lichénoïdes aux anti-programmed cell-death-1 (PD1) soient connues, seuls quelques cas de lichen plan bulleux sont rapportés dans la littérature. Nous décrivons ici un cas de lichen plan secondairement bulleux survenu sous nivolumab et faisons une revue de la littérature des cas induits par anti-PD1.
Matériel et méthodes |
Une revue de la littérature des cas de lichen plan bulleux induits par anti-PD1 a été effectuée dans Medline via Pubmed.
Observations |
Un homme de 68 ans, suivi pour un carcinome rénal à cellules claire métastatique traité par nivolumab, développait 3 mois après le début du traitement des papules violines prurigineuses sur les membres inférieurs, d’évolution bulleuse. Après corrélation anatomoclinique, nous concluions à un lichen plan secondairement bulleux induit par le nivolumab. Une corticothérapie systémique et l’arrêt de l’immunothérapie étaient nécessaires à l’amélioration clinique.
Résultats |
Nous avons colligé dans la littérature 20 cas de lichen plan induits par anti-PD1 (nivolumab ou pembrolizumab), dont 6 de forme bulleuse, publiés entre 2016 et 2018. Ces cas ont parfois nécessité une corticothérapie systémique voire l’arrêt de l’immunothérapie.
Discussion |
La dermatose lichénoïde touche environ 17 % des patients sous traitement anti-PD1/PD-L1. Histologiquement, on observe des signes de dermatose lichénoïde commune. Il est difficile de faire la distinction entre le lichen plan primaire et les formes médicamenteuses, en particulier celles résultant d’un traitement anti-PD1. Il est également difficile d’apporter des réponses sur le rôle déclencheur de l’immunothérapie, car la physiopathologie du lichen plan reste mal connue. À l’inverse, l’apparition de ce phénomène avec cette classe de médicaments renforce la notion de réponse immunitaire contre un antigène kératinocytaire associé à une surexpression de la PD-L1 dans les kératinocytes. Le délai d’apparition des effets secondaires cutanés sous immunothérapie anti-PD1 peut être de plusieurs semaines à mois. L’arrêt de l’immunothérapie n’est discuté qu’en cas d’évolution défavorable sous corticothérapie systémique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Lichen plan bulleux, Nivolumab, Pembrolizumab
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A161-A162 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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