Lichen plan érosif sous sécukinumab : 2 observations - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Les effets secondaires cutanés décrits sous anti-interleukine 17 (IL17) sont essentiellement des candidoses. À l’instar des anti-TNFα, des réactions cutanées inflammatoires psoriasiformes ou eczématiformes parfois sévères peuvent survenir sous anti-IL17. Nous rapportons l’apparition de lichen plan érosif chez deux patients traités par sécukinumab.
Matériel et méthodes |
Cas 1 : Une patiente de 24 ans, suivie pour un psoriasis cutané, développait, après la première injection de sécukinumab, des lésions buccales érosives invalidantes évocatrices de lichen, de régression spontanée très progressive. Après la deuxième injection, compte tenue d’une résurgence importante des lésions buccales avec sensation de brulure, le sécukinumab était interrompu. En relais, un traitement par adalimumab puis guselkumab était initié, sans récidive ultérieure des lésions buccales. Le rôle du sécukinumab était suggéré dans le développement des lésions compte tenu de leur apparition à son instauration, leur récidive après la deuxième injection et leur disparition complète à l’arrêt du traitement. Cas 2 : Un patient de 61 ans, traité avec efficacité par sécukinumab depuis 18 mois pour un psoriasis cutané, consultait pour des lésions érosives et douloureuses buccales et génitales, traitées par antifongique sans amélioration. Le diagnostic de lichen plan érosif était posé et un frottis mycologique excluait la présence d’un Candida albicans. Un traitement par corticothérapie locale permettait une nette amélioration deux mois plus tard. Le sécukinumab était poursuivi en maintenant une corticothérapie locale bi hebdomadaire sur les lésions muqueuses. La responsabilité du sécukinumab dans le développement des lésions muqueuses était suggérée en raison de l’absence des lésions avant le traitement et leur persistance malgré un traitement par corticoïdes locaux bien conduit.
Discussion |
Trois cas de patients sous sécukinumab développant des lésions érosives buccales quelques semaines à quelques mois après l’introduction du traitement ont été rapportés. Chez ces trois patients, les lésions régressaient partiellement malgré les traitements locaux et généraux proposés. Seul l’arrêt du traitement permettait une résolution complète des lésions. Chez un patient, le sécukinumab était relayé par ixékizumab, sans récidive des lésions après 9 mois de recul. Dans ce dernier cas, les auteurs suggéraient un effet secondaire du médicament et non de classe. L’étiologie du lichen plan oral demeure incertaine. Des infections virales et candidosiques ont été rapportées en association avec son développement et il a été décrit qu’un traitement préventif par antifongiques locaux permettait de prévenir le développement du lichen plan oral. Nous suggérons de réaliser une surveillance clinique des muqueuses chez tout patient traité par sécukinumab afin de dépister une infection candidosique mais également l’apparition de lésions buccales et/ou génitales érosives.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anti-interleukine 17A, Lichen plan érosif, Psoriasis, Sécukinumab
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A240 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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