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Existe-il une protopicophobie dans la dermatite atopique ? - 26/11/20

Doi : 10.1016/j.annder.2020.09.327 
F. Kurihara 1, , J. Castagna 1, A. Hamelin 1, T. De Risi Pugliese 1, E. Amsler 1, A. Barbaud 1, 2, A. Soria 1, 3
1 Service de dermatologie et allergologie, hôpital Tenon, Sorbonne université 
2 Institut Pierre Louis épidémiologie et santé publique, Sorbonne université 
3 Centre d’immunologie et des maladies infectieuses — Paris (Cimi-Paris), Inserm U1135, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les dermocorticoïdes (DCTC) et le tacrolimus topique (TT) sont les 2 principaux traitements topiques utilisés en France pour la dermatite atopique (DA). La corticophobie des patients, pouvant être quantifiée par le score TOPICOP, est connue comme étant un facteur majeur d’échec du traitement. Toutefois, la crainte du TT n’a jamais été évaluée. Le but de cette étude descriptive monocentrique était d’évaluer les caractéristiques d’utilisation et de tolérance du TT, ainsi que les craintes par rapport aux DCTC dans la DA.

Matériel et méthodes

Un autoquestionnaire était remis aux patients chez qui un traitement par TT avait déjà été prescrit dans le cadre de la DA. Le score TOPICOP était inclus dans le questionnaire en reprenant les mêmes items pour les DCTC et le TT.

Résultats

Dix-huit patients dont 14 femmes d’un âge médian de 26 ans ont été incluses. Trente-trois pour cent avaient un IGA2, 11 % un IGA4 ou 5 et 28 % étaient traités par dupilumab. Concernant les modalités d’utilisation, 57 % utilisaient1 tube en 3mois. Seuls 38 % des patients qui utilisaient le TT lors des poussées l’appliquaient 2 fois par jour ; 50 % n’attendaient pas 2h d’intervalle avant d’appliquer des topiques, 78 % se protégeaient du soleil pendant le traitement, mais 17 % n’interrompaient pas son utilisation en cas d’herpès. En terme de tolérance, 11 % n’appliquaient pas le TT en raison d’une mauvaise tolérance. Quatorze patients rapportaient des sensations de brûlure et/ou prurit lors de l’utilisation de TT et 4 précisaient que ces symptômes n’avaient pas régressé après plus de 3jours d’utilisation. Quatre patients signalaient une moins bonne tolérance du TT lorsqu’il était appliqué sur le visage ou le cou par rapport au reste du corps. Quatre-vingt quatorze pour cent des patients déclaraient avoir reçu une information sur le TT lors de la prescription et 39 % recevaient une information par le pharmacien dont un patient pour lequel il a été conseillé d’en appliquer le moins possible. Concernant les craintes, 39 % des patients répondaient avoir plus peur du TT que des DCTC et le score TOPICOP pour le TT était supérieur ou égal à celui des DCTC dans 39 %. Les raisons de ces craintes étaient multiples : en raison des brûlures et du prurit associés au TT (n=5), de la prescription sur ordonnance d’exception (n=3) ou pour d’autres raisons (n=4), dont 2 depuis leurs recherches sur internet sur le TT et 1 par crainte d’accoutumance. Cinquante-trois pour cent des patients répondaient être tout à fait d’accord sur la nécessité d’être rassurés vis-à-vis du TT versus 47 % pour les DCTC.

Discussion

Nous avons mis en évidence pour la première fois l’existence d’une « phobie » du TT chez des patients traités pour une DA. Cette crainte peut être liée à la mauvaise tolérance cutanée, mais aussi à d’autres causes. Il est important d’identifier cette peur afin de pouvoir apporter la réassurance nécessaire à une meilleure observance et un meilleur contrôle de la maladie.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Corticophobie, Dermatite atopique, Éducation thérapeutique, Tacrolimus topique


Plan


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Vol 147 - N° 12S

P. A242 - décembre 2020 Retour au numéro
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