Facteurs de risque de corticophobie au cours de la dermatite atopique - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Le traitement usuel de la dermatite atopique (DA) repose sur l’association corticoïdes topiques (CT) et émollient. La corticophobie, terme consacré pour les craintes liées à l’utilisation des CT, est cause de non-observance et possiblement de surcoût. L’objectif est d’identifier les facteurs de risque de corticophobie chez les parents des enfants atteints de DA.
Matériel et méthodes |
Dans cette étude prospective, un des parents des enfants participant au programme d’éducation thérapeutique (ETP) DA répondait aux questionnaires suivants : European Health Literacy Survey (HLS-EU-Q16) portant sur la littératie en santé (instruction en français), Dermatological Life Quality Index (DLQI) pour sa qualité de vie personnelle, TOPICOP® mesurant la corticophobie. Le diagnostic éducatif, le SCORAD, le niveau d’études étaient évalués. Les difficultés à utiliser les émollients et les CT étaient mesurées : poussée correctement identifiée mais application des CT retardée/non faite, arrêtée/diminuée, avant la guérison complète ou quantitativement insuffisante. Toute difficulté était cotée 1. Toute application d’émollient<3 fois/semaine était considérée comme insuffisante (cotée 1).
Résultats |
Parmi les 191 patients inclus, l’analyse univariée montrait un score de corticophobie plus élevé lorsque : (i) la profession du parent a nécessité au moins 5 ans d’études après le bac (OR 19,6 [5,5–69,5], p<0,001), (ii) le SCORAD (OR 8,47 [2,71–26,5], p<0,001), le score de littératie (OR 157 [95CI 40–614], p<0,001) étaient plus élevés, (iii) existaient une altération du score parental de qualité de vie (OR 51 [14–185], p<0,001), et une utilisation plus importante de CT(OR 550 [89–3420], p<0,001), et/ou des émollients (OR 0,07 [0,03–0,20], p<0,001). Le score de littératie (OR 126 [28–571], p<0,001) était significativement associé à la corticophobie en analyse multivariée.
Discussion |
Nous montrons pour la première fois le lien entre score élevé de littératie et corticophobie. Les parents des enfants de moins de 4 ans ont un score de corticophobie plus bas suggérant que l’on devient corticophobe plus qu’on ne l’est. Après un pic chez les parents des enfants atopiques âgés de 5 à 11 ans, la corticophobie diminue : caractère chronique de la DA compris, traitement maitrisé, lassitude sont peut-être en cause. Le niveau parental d’études est associé à une corticophobie plus élevée. La volonté de construire son opinion sur la prise en charge de la maladie de son enfant, d’en être acteur voire décideur incitent au recueil d’informations auprès de professionnels peut-être eux-mêmes corticophobes. Ici, la corticophobie est associée à une utilisation plus importante de CT ou d’émollient suggérant que la crainte des effets secondaires des CT ne signifie pas défaut d’observance. Les soignants devraient être alertés par certains traits comme les années d’études universitaires et la littératie pour identifier les personnes risquant de devenir corticophobes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Corticophobie, Dermatite atopique, Littératie en santé
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A97-A98 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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