Facteurs de risques de thrombopénie immunologique néonatale chez les nouveau-nés de femmes atteintes de purpura thrombopénique immunologique : résultats d’une étude multicentrique prospective - 19/12/20
, V. Loustau 2, A. Zarour 3, E. Boutin 4, T. Comont 5, S.D. Odile 6, N. Costedoat-Chalumeau 7, B. Pan-Petesch 8, D. Gobert 9, S. Cheze 10, V. Jean-François 11, A.S. Morin 12, G. Sauvetre 13, M. Cliquennois 14, B. Royer 15, A. Masseau 16, L. Terriou 17, C. Fieschi 18, M. Michel 2, B. Godeau 19Résumé |
Introduction |
La thrombopénie immunologique néonatale (TINN) définie par un nombre de plaquettes<100G/L est une complication potentiellement grave chez les nouveau-nés (NN) de femmes atteintes de purpura thrombopénique immunologique (PTI) avec une fréquence rapportée dans la littérature de 15 à 30 % des grossesses. Une grossesse antérieure avec TINN ou un PTI réfractaire à la splénectomie chez la mère ont été décrits comme associés à la survenue d’un TINN mais uniquement sur des données rétrospectives.
Patients et méthodes |
Une étude multicentrique prospective observationnelle (ClinicalTrials.gov NCT02892630) a été conduite dans 33 centres appartenant au réseau du centre de référence des cytopénies auto-immunes de l’adulte. Sur une durée de 2 ans, 180 femmes enceintes avec un diagnostic de PTI pré-gestationnel ont été incluses et 171 ont été suivies jusqu’à leur accouchement. Le nombre de plaquettes des NN était disponible pour 136 femmes. Les facteurs de risque de développer une TINN ont été évalués ainsi que les complications observées chez les NN et les traitements qui leur ont été administrés.
Résultats |
Une TINN, a été observée chez 37 nouveau-nés (27,2 %). Une TINN plus sévère avec des chiffres de plaquettes<50g/l et<30g/l, a été rapportée chez respectivement 19 (14 %) et 13 (9,6 %) NN. Des immunoglobulines intraveineuses ont été administrées à 18 NN avec un nombre médian de plaquette de 25,5g/l (6 à 56). Une transfusion de plaquettes a été réalisée chez 8 NN avec un nombre médian de plaquettes de 13,5g/l (6 à 50). La TINN s’est compliquée d’un événement hémorragique chez seulement 2 NN, conduisant à un décès. Une aggravation du statut du PTI chez la mère durant la grossesse et un antécédent de TINN lors d’une grossesse antérieure ont été identifiés comme facteur prédictif de survenue de TINN <50g/l en analyse univariée mais seul un antécédent de TINN était confirmé comme prédictif en analyse multivariée (odds ratio (OR) ajusté 4,55 ; Intervalle de confiance (IC) à 95 % 1,48–13,92 ; p=0,008). L’aggravation du PTI chez la mère durant la grossesse était le seul facteur prédictif de TINN<30g/l en analyse multivarié (OR ajusté 3,99 ; IC 95 % 1,04–15,36 ; p=0,044).
Conclusion |
Notre étude confirme qu’un antécédent de TINN lors d’une précédente grossesse est un facteur de risque de TINN. Nous identifions pour la première fois que l’aggravation du PTI chez la mère au cours de la grossesse est un facteur de risque de TINN sévère. En revanche, nous ne confirmons pas un antécédent de splénectomie comme associé avec une augmentation du risque de TINN comme suggéré dans des études rétrospectives (Loustau et al, Br J Haematol 2014 ; 166 929–35). Nos résultats confirment que la survenue d’une grossesse chez une femme avec un diagnostic pré-gestationnel de PTI est associée avec un risque acceptable de saignement sévère chez les NN avec TINN. Une surveillance rapprochée de la grossesse et de l’accouchement des femmes suivies pour un PTI et de leur NN est recommandée, en particulier chez les femmes qui ont un antécédent de TINN lors d’une grossesse antérieure ou chez qui on observe une aggravation de leur PTI durant la grossesse.
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Vol 41 - N° S
P. A66-A67 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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