Le risque rénal dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), l’incidence et les causes - L’éclairage des données du Système national des données de santé - 22/05/21
, L. Peyrin-Biroulet, A. Ayav, F. Guillemin, L. FrimatRésumé |
Introduction |
Les atteintes rénales sont des manifestations extra-digestives bien connues des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Toutefois, ni leur fréquence, ni les facteurs de leur survenue, en particulier en lien avec les traitements de fond des MICI, ne sont bien appréhendés.
Méthodes |
À partir des données du Système national des données de santé (SNDS), une cohorte de 94 345 patients MICI a été constituée de tous les patients admis en ALD24 (MICI) entre le 01/01/2010 et le 31/12/2016. Ils ont été suivis jusqu’au 31/12/2018. Le critère de jugement principal était la survenue d’une atteinte rénale, identifiée par son motif principal d’hospitalisation codé en (N00-N39). Un modèle de Cox avec des covariants dépendant du temps a été utilisé pour analyser la probabilité de survenue d’une atteinte rénale après ajustement sur les caractéristiques individuelles du patient incluant : l’âge, le sexe, les périodes variables d’exposition et de non-exposition aux principaux traitements à risque de néphrotoxicité, les comorbidités et la fréquence du monitoring de la fonction rénale. Les données d’exposition et de monitoring sont entrées sous forme de variables indicatrices qui correspondent à des sous-périodes de suivi de trois mois. Ceci, afin de tenir compte du caractère dynamique de ces variables au cours de la période de suivi.
Résultats |
Au total, 2542 patients ont été hospitalisés pour un motif de maladie rénale durant une période moyenne de suivi de 4,3 ans en France. Cela correspond à un taux d’incidence estimé à 0,62 [IC 95 % 0,60-0,65] personnes-année. Le risque d’hospitalisation pour évènement rénal a été significativement lié à l’avancement dans l’âge et aux comorbidités suivantes : diabète, antécédent d’AVC, obésité, maladies coronariennes, hypertension, insuffisance cardiaque. Le 5-ASA n’était pas associé à un risque plus élevé de maladie rénale. En revanche, le risque était significativement plus élevé avec l’exposition aux traitements suivants : azathioprine (HR=1,28 ; IC 95 % 1,10-1,39), ciclosporine (HR=4,93 ; 2,05-11,89), infliximab (HR=2,29 ; 1,70-3,09), adalimumab (HR=1,85 ; 1,63-2,11), golimumab (HR=1,82 ; 1,13-2,94), et vedolizumab (HR=4,44 ; 1,11-17,78). Un monitoring plus fréquent était associé à une réduction drastique des évènements liés à une atteinte rénale (p<0,0001).
Conclusion |
Le risque rénal dans les MICI reste non négligeable, notamment lié aux traitements, avec des conséquences désastreuses pour le patient. Toutefois, un suivi plus régulier de la fonction rénale justifié par une exposition à ces traitements à risque permettrait de prévenir le risque d’un évènement rénal.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Néphrotoxicité, MICI, Surveillance, Données médico-administratives
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Vol 69 - N° S1
P. S31 - juin 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
