Érythème pigmenté fixe à l’ecstasy - 20/11/21
Résumé |
Introduction |
L’érythème pigmenté fixe (EPF) est une réaction allergique principalement due aux antibiotiques et aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. La MDMA (3,4 méthylènedioxy-N-méthylamphétamine) est une drogue à usage festive pouvant se présenter sous forme de poudres ou de comprimés (appelés ecstasy). Les réactions cutanées associées à la consommation de drogues illicites sont rares. Nous rapportons le premier cas d’érythème pigmenté fixe induit par la prise de MDMA.
Matériel et méthodes |
Une femme de 25 ans sans antécédent ni terrain atopique personnel ou familial, a présenté plusieurs épisodes de lésions prurigineuses érythémateuses bien limitées. La première poussée était trois semaines après une prise de tri-antibiothérapie par ceftriaxone, doxycycline et métronidazole pour une salpingite. Les lésions sont réapparues à plusieurs mois d’intervalles, toujours dans les 12h suivant la consommation de MDMA dans un contexte festif et ont récidivé aux mêmes localisations. L’examen physique a révélé des lésions hyperpigmentées bien limitées sur l’avant-bras, le dos, les cuisses et le pourtour labial. Des tests épicutanés ont été réalisés avec la batterie standard européenne, les antibiotiques, le comprimé d’ecstasy (dilué à 50 % dans de la vaseline) apporté par la patiente sur peau saine et sur peau lésée. La lecture à 96heures au niveau de la peau lésée est positive pour le comprimé, les autres lectures sont négatives. L’analyse qualitative par spectrométrie de masse du comprimé a mis en évidence de la MDMA, de la cocaïne et du lévamisole. Les patch-tests ont été complétés, en peau saine et lésée, avec MDMA (diluée dans du méthanol à 1mg/mL), cocaïne (diluée dans l’acétonitrile à 1mg/mL) et le lévamisole en poudre (à 50 % dans vaseline), négatifs à 96h. La réintroduction orale des antibiotiques n’a provoqué aucune réaction cutanée. Une réintroduction accidentelle de MDMA par la patiente a entraîné une récidive plus sévère des lésions alors que la cocaïne consommée seule n’a pas induit de récidive.
Discussion |
Un cas d’érythème pigmenté fixe après une inhalation de cocaïne a été rapporté en 1955. Quelques réactions secondaires à la prise de MDMA ont été rapportées dans la littérature, comme un psoriasis en goutte survenu quatre jours après la prise de MDMA et une réaction urticarienne 12h après une consommation de MDMA par voie inhalée. L’exploration allergologique de l’érythème pigmenté fixe est difficile avec des tests cutanés le plus souvent négatif. La réintroduction médicamenteuse pose des problèmes éthiques avec les drogues illicites. Notre patiente a eu un patch-test positif avec le comprimé de MDMA fourni mais négatif avec de la MDMA pure. Devant la consommation régulière par la patiente de cocaïne sans aucune réaction et l’utilisation du lévamisole comme produit de coupe de la cocaïne, nous avons confirmé l’EPF induit par la MDMA.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Ecstasy, Érythème pigmenté fixe, MDMA
Plan
Vol 1 - N° 8S1
P. A154 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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