Tatouage et maladies auto-inflammatoires : une étude de 197 patients français de la cohorte JIR - 20/11/21
Résumé |
Introduction |
Les patients atteints de maladies auto-inflammatoires systémiques (MAI) peuvent être intéressés par la pratique du tatouage. Nous avons évalué l’étendue de la pratique du tatouage, l’expérience vécue et les complications éventuelles dans une cohorte de patients français.
Matériel et méthodes |
Une enquête observationnelle par internet entre septembre et octobre 2020 au sein de la cohorte française JIR. Etaient collectées les informations suivantes : démographie, type de MAI, âge au début et au diagnostic et traitement actuel. Les questions sur le tatouage comprenaient si le patient avait un ou des tatouages, même enlevés, s’il avait été tatoué avant ou après le diagnostic de MAI, s’il avait eu des complications après le tatouage et s’il prévoyait un tatouage dans les 12 prochains mois. S’ils avaient été tatoués après le diagnostic de MAI, nous leur avons demandé s’ils avaient demandé un avis médical avant de se faire tatouer, s’ils avaient prévenu le tatoueur et quel traitement ils recevaient lorsqu’ils se sont fait tatouer. Enfin, nous leur avons demandé si les tatouages avaient un impact positif sur leur image corporelle.
Résultats |
Sur 552 patients contactés, nous avons analysé 197 réponses : 133 des répondants étaient des femmes (67 %) et 64 % des répondants avaient une fièvre méditerranéenne familiale. Un total de 24,8 % étaient tatoués (73,5 % d’entre eux étaient des femmes). Les 3 MAI les plus fréquentes étaient la FMF (46,9 %), la maladie de Still (10 %) et le CAPS (8,2 %). Les répondants tatoués étaient plus jeunes que les non tatoués (p=0,005). Un total de 65,8 % avaient eu un tatouage après le diagnostic de MAI. Seulement 3,7 % ont demandé l’avis de leur médecin avant de se faire tatouer. Un total de 77,8 % ont été tatoués alors qu’ils étaient sous divers agents immunomodulateurs, principalement la colchicine. Des plaintes et des complications ont été signalées dans 7,4 % des cas, principalement des gonflements transitoires. Aucun patient n’a signalé de complications telles qu’un gonflement permanent d’une partie ou de la totalité du tatouage, une réaction à une couleur de tatouage et une infection locale. Aucun patient n’a signalé de poussée de MAI après le tatouage. Seuls 7 % des patients ont déclaré que leur(s) tatouage(s) avait(avaient) un effet positif sur leur image corporelle.
Discussion |
Les jeunes patients de<35 ans avec MAI peuvent être intéressés par le tatouage. Nous n’avons pas trouvé d’effets secondaires excessifs déclarés, même si les tatouages avaient été réalisés sous des traitements immunomodulateurs. La colchicine n’avait aucun impact en termes d’infection ou de cicatrisation du tatouage. Les MAI touchent très souvent la peau. L’absence de réaction locale après tatouage confirme que, lorsqu’elle est bien contrôlée, un tatouage ne constitue pas un évènement déclenchant une poussée de la maladie ni localisée ni systémique. Les patients devraient pouvoir discuter avec leur médecin s’ils souhaitent se faire tatouer.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Fièvre méditéranéenne, Maladie auto-inflammatoire, Tatouage
Plan
Vol 1 - N° 8S1
P. A255-A256 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
