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Instauration du traitement adjuvant endovésical par épirubicine des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle : premier retour national d’expérience du CC-AFU vessie - 12/04/22

Intravesical adjuvant regimen of epitubicin for intermediate risk NMIBC: Feasability study from CC-AFU vessie

Doi : 10.1016/j.purol.2021.12.008 
P. Rollin a, b, E. Xylinas a, b, , C. Lanz c, F. Audenet a, d, S. Brunelle a, e, E. Compérat a, f, N. Houédé a, g, S. Larré a, h, A. Masson-Lecomte a, i, G. Pignot a, j, M. Roumiguié a, k, A. Méjean a, f, M. Rouprêt a, l, Y. Neuzillet a, c
pour le

Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (CC-AFU)

a Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie, groupe vessie, maison de l’urologie, 11, rue Viète, 75017 Paris, France 
b Département d’urologie, hôpital Bichat Claude Bernard, AP–HP, université de Paris, Paris, France 
c Service d’urologie, hôpital Foch, université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 92150 Suresnes, France 
d Service d’urologie, hôpital européen Georges-Pompidou, université de Paris, AP–HP, 75015 Paris, France 
e Service de radiologie, institut Paoli-Calmettes, 13008 Marseille, France 
f Service d’anatomie pathologique, hôpital Tenon, HUEP, 75020 Paris, France 
g Département d’oncologie médicale, Montpellier université, CHU Caremaux, 30000 Nîmes, France 
h Service d’urologie, CHU Reims, Reims, France 
i Service d’urologie, hôpital Saint-Louis, université de Paris, AP–HP, Paris, France 
j Service de chirurgie oncologique 2, institut Paoli-Calmettes, 13008 Marseille, France 
k Département d’urologie, CHU Rangueil, 31000 Toulouse, France 
l Sorbonne université, GRC no 5, ONCOTYPE-URO, hôpital Pitié-Salpêtrière, AP–HP, 75013 Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La mitomycine C est le traitement adjuvant intravésical de référence des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle (TVNIM) de risque intermédiaire. Des tensions dans l’approvisionnement en mitomycine ont vu le jour en France depuis la fin de 2019. L’ANSM en accord avec l’AFU a proposé d’utiliser l’épirubicine, déjà disponible dans d’autres pays européens dans cette indication. L’objectif de notre étude était de rapporter l’expérience initiale française de l’utilisation de l’épirubicine en traitement adjuvant des TVNIM.

Matériels et méthodes

Nous avons entrepris une étude rétrospective multicentrique française descriptive afin de colliger, auprès des centres des membres du CC-AFU vessie, les données clinico-pathologiques des patients, les indications, les modalités d’utilisation (dose, indication, circuit à la pharmacie) et les données de tolérance de l’épirubicine. L’impact de l’épidémie de COVID-19 sur les interruptions de traitement a également été recensé. Sur les 20 centres contactés, 5 (25 %) avaient instauré le protocole d’administration de l’épirubicine élaboré par le sous-comité vessie du CC-AFU. Au total, 61 patients ont été traités par instillations endovésicales d’épirubicine entre novembre 2019 et novembre 2020 pour une TVNIM à la dose unique de 50mg.

Résultats

Au total, 61 patients (âge moyen 67 ans, 64–77 ans) ont été traités par épirubicine dont 45 (73,8 %) étaient des hommes. Les patients présentaient une TVNIM de risque intermédiaire dans 88,5 %, le reste présentaient une maladie à haut risque. Un traitement d’induction sans ou avec entretien était prévu pour 48 (78,7 %) et 13 patients (21,3 %), respectivement. La préparation et l’administration de l’épirubicine étaient semblables à celles de la mitomycine : préparation en pharmacie centrale pour délivrance le jour même avec instillation immédiate en consultation externe. Contrairement à la mitomycine, l’alcalinisation urinaire n’était pas nécessaire. Sur les 498 instillations totales programmées, 345 ont été réalisées (69,3 %). L’épidémie de COVID-19 a considérablement impacté la délivrance d’épirubicine : un patient n’a pas pu démarrer son traitement (1,6 %), 8 patients (13,1 %) ont dû l’interrompre définitivement ; le reste des patients ont subi des instillations décalées (18 %). Les autres causes d’arrêt du traitement comprenaient des complications infectieuses (9,8 %). Aucune toxicité majeure n’a été déplorée.

Conclusion

La mise en place d’un protocole de traitement adjuvant par épirubicine a présenté une bonne faisabilité avec une faible toxicité, sans modifier l’organisation du parcours de soin des patients. Dans le contexte de pénurie de mitomycine de survenue imprévisible, l’épirubicine représente une bonne alternative thérapeutique dans le traitement adjuvant endovésical des TVNIM de risque intermédiaire.

Niveau de preuve

3.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Introduction

Mitomycin C is the gold standard intravesical adjuvant therapy for intermediate-risk non-muscle-invasive bladder cancer (NMIBC). Tensions in the supply of mitomycin have emerged in France since late 2019. The ANSM in agreement with the AFU proposed to use epirubicin, already available in other European countries in this indication. The objective of our study was to report the initial French experience with the use of epirubicin in adjuvant treatment of NMIBC.

Materials and methods

We undertook a French multicenter retrospective descriptive study to collect, from the centers of the members of the CC-AFU bladder, the clinico-pathological data of the patients, the indications, the modalities of use (dose, indication, circuit in the pharmacy) and the tolerance data of epirubicin. The impact of the COVID-19 epidemic on treatment interruptions was also identified. Of the 20 centers contacted, 5 (25%) had implemented the epirubicin administration protocol developed by the CC-AFU bladder subcommittee. A total of 61 patients were treated with endovesical instillations of epirubicin between November 2019 and November 2020 for NMIBC at a single dose of 50mg.

Results

A total of 61 patients (mean age 67 years, 64–77 years) were treated with epirubicin, of which 45 (73.8%) were male. The patients had intermediate-risk NMIBC in 88.5%, the rest had high-risk disease. Induction therapy without or with maintenance was planned for 48 (78.7%) and 13 patients (21.3%), respectively. The preparation and administration of epirubicin was similar to that of mitomycin: central pharmacy preparation for same-day dispensing with immediate outpatient instillation. Unlike mitomycin, urinary alkalinization was not required. Of the 498 total instillations scheduled, 345 were performed (69.3%). The COVID-19 epidemic significantly impacted epirubicin delivery: one patient could not start treatment (1.6%), 8 patients (13.1%) had to discontinue it permanently; the rest of the patients underwent delayed instillations (18%). Other causes of discontinuation included infectious complications (9.8%). No major toxicities were reported.

Conclusion

The implementation of an adjuvant epirubicin treatment protocol presented a good feasibility with low toxicity, without modifying the organization of the patients’ care pathway. In the context of unpredictable mitomycin shortage, epirubicin represents a good therapeutic alternative in the endovesical adjuvant treatment of intermediate-risk NMIBC.

Level of proof

3.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Tumeur de vessie n’infiltrant pas le muscle, Épirubicine, Instillations, Faisabilité, Tolérance

Keywords : Non-muscle-invasive bladder cancer, Epirubicin, Instillations, Feasibility, Tolerance


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