2/ Un train peut en cacher un autre - 12/07/22
Résumé |
Cas clinique |
Un homme de 31 ans aux antécédents de migraine avec aura, présente en 2013 un accident vasculaire cérébral (AVC) justifiant un traitement par anti-agrégant plaquettaire. Le bilan étiologique retrouve un foramen ovale perméable (FOP). En 2016, récidive d'un AVC motivant une fermeture du FOP. La procédure est réalisée en octobre 2016, il est utilisé un occluder Amplatzer 25 mm. Lors du déploiement le patient présente des douleurs thoraciques et une extrasystolie ventriculaire marquée. Cependant les contrôles échographiques sont satisfaisants autorisant sa sortie.
A 48h, il consulte pour douleur thoracique gauche, le bilan retrouve une troponine à 160 pg/mL avec une ETT normale. Un des ECG per critique retrouve un sus décalage du segment ST en latéral avec miroir inférieur (image 1). La coronarographie en urgence est normale. Un scanner thoracique est réalisé retrouvant une malposition de l'occluder au niveau du sinus coronaire (image 2). Le patient sera finalement opéré, en per opératoire il est constaté un sinus coronaire avec ostium dédoublé totalement obstrué par l'occluder et une thrombose quasi-complète nécessitant une désoblitération par sonde de Fogarty ; une fermeture chirurgicale du FOP est réalisé dans le même temps.
Discussion |
Le taux complications varie entre 1,5 et 5,9% lors de la fermeture per cutanée du FOP. Les deux types de complications les plus fréquentes sont celles liées à l'abord vasculaire et les arythmies cardiaques.
Le plus bas taux de complication a été observée dans l’étude PC TRIAL, qui déclare 1,5% de complications per-procédures (2 saignements mineurs au point de ponction). Dans l’étude CLOSE 3,2% des patients présentent des complications vasculaires majeures (hématome au point de ponction, hémorragie rétropéritonéale, perforation de l'oreillette gauche et réparation vasculaire chirurgicale). Il A noté dans l’étude REDUCE, 1,4% de complications secondaire à l'occluder avec 0,5% de thrombose et 0,7% de malpositions avec la survenue d'un décès par infarctus du myocarde à 1045 jours de la randomisation. Le plus haut taux de complication est retrouvé dans l’étude CLOSE, où l'on rapporte 5,9% de complications majeures (arythmies supra-ventriculaires, une embolie gazeuse et une hyperthermie).
La thrombose du sinus coronaire est une complication extrêmement rare et associée à un taux de mortalité élevé du fait d'un retard de diagnostic et de prise en charge. Cliniquement, elle se manifeste par une mort subite avec un diagnostic à postériori lors d'une autopsie, un arrêt cardiaque, un choc cardiogénique, une douleur thoracique, une dyspnée ou une des troubles de la repolarisation sur l'ECG.
Elle survient préférentiellement lors de procédure endocavitaire comme le cathétérisme cardiaque, la pose d'un stimulateur cardiaque, la radiofréquence d'une arythmie supra-ventriculaire et la chirurgie cardiaque. Il est aussi décrit des cas de thrombose du sinus coronaire secondaire à des maladies inflammatoires (Maladie de Crohn, de Kawasaki), pulmonaires (bronchopneumopathie obstructive, fibrose pulmonaire), certaines cardiopathies (fibrillation atriale, insuffisance tricuspidienne).
La physiopathologie est encore mal connue, mais la thrombose provoquerait une ischémie myocardique par augmentation de la pression capillaires.
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Vol 70 - N° 5S
P. e2 - novembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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