Expositions professionnelles toxiques et glomérulonéphrite extra-membraneuse - 06/09/22
, S. Agbekodo 4, M. Teisseyre 1, 2, K. Zorzi 1, V. Brglez 2, S. Benzaken 5, V. Esnault 1, 3, J.-H. Planchard 4, B. Seitz-Polski 1, 2, 3, 5Résumé |
Introduction |
La glomérulonéphrite extra-membraneuse (GEM) est une maladie auto-immune rénale rare. Sa prévalence croissante dans les pays industrialisés suggère l’existence d’un facteur environnemental prédisposant. De plus, sa prédominance masculine, classiquement attribuée à des différences biologiques et/ou génétiques, pourrait également être secondaire à des expositions professionnelles différentes entre hommes et femmes.
Description |
Nous avons comparé les professions et expositions professionnelles de 100 GEM à celles de la population générale. Après sélection des toxiques pertinents, nous avons comparé les caractéristiques clinicobiologiques des patients exposés à celles des patients non exposés.
Méthodes |
Les expositions professionnelles de 100 GEM étaient évaluées lors d’entretiens avec des médecins du travail. Les données de la population générale ont été extraites de deux cohortes nationales : INSEE 2018 (26 734 000 participants) et SUMER 2017 (26 500 participants). Les variables quantitatives ont été comparées à l’aide de tests t de Student ou Mann-Whitney, les variables qualitatives à l’aide d’un test du χ2 ou de Fisher. Une régression logistique multivariée a ensuite permis d’identifier les variables indépendamment associées au spreading épitopique de PLA2R1.
Résultats |
Les GEM travaillaient plus fréquemment dans le secteur du BTP que la population générale (33 % vs 7 %, p<0,001), même après appariement sur le sexe et l’âge. Ils étaient également plus fréquemment exposés à certains toxiques tels que l’amiante (16 % vs 5 %, p<0,001), le plomb (8,5 % vs 0,8 %, p<0,001) ou les solvants organiques (37 % vs 15 %, p<0,001). La prédominance masculine classiquement décrite était retrouvée dans le sous-groupe de patients exposés à ces toxiques, mais ne l’était pas chez les non-exposés. De plus, les patients présentant un spreading épitopique de PLA2R1 étaient plus fréquemment exposés à l’amiante et aux solvants organiques, avec un effet dose–dépendant.
Conclusion |
Les GEM sont plus fréquemment exposées à certains toxiques professionnels tels que l’amiante et les solvants organiques que la population générale. Cette exposition était plus fréquente chez les hommes et chez ceux présentant un spreading épitopique de PLA2R1.
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Vol 18 - N° 5
P. 314 - septembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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