L’endoscopie sous hypnose - 11/09/22
Résumé |
L’hypnose est un état modifié de la conscience, différent de la veille ou du sommeil, caractérisé par une attention focalisée, une moindre sensibilité à l’environnement et une capacité accrue de réponse à la suggestion. L’hypnoalgésie est l’utilisation de l’hypnose à but antalgique, c’est donc un soin à part entière.
Dans la littérature, on retrouve 3 études concernant l’utilisation d’hypnoanalgésie chez l’adulte pour la réalisation d’endoscopie sans anesthésie générale (AG) sur de petits effectifs (16 à 28 examens sous hypnose±sédation). Selon celles-ci, les patients montrent une bonne tolérance des examens dans 85 % des cas, ils sont plus souvent menés à terme (100 % des FOGD et 95 % des coloscopies), avec 92 % de satisfaction de la part du patient et une diminution de l’anxiété. Elle équivaut à une sédation modérée ou profonde chez 50 % des patients.
Fort de ce constat, une étude a été réalisée dans le service d’endoscopie pédiatrique du CHU de Lille visant à évaluer le taux de succès et la satisfaction des patients suite à une hypnoanalgésie lors d’une endoscopie pédiatrique sans AG. Sur les 140 patients inclus, une sédation a été associée à l’hypnose dans 97 % des cas (MEOPA 46 % et MEOPA/Midazolam 51 %) et une contention (qui est à éviter) a été nécessaire dans 13 % des gestes. Les examens réalisés étaient à 51,5 % des FOGD et à 48,5 % des rectoscopies, leur taux de succès était de 83 %. La tolérance était bonne chez 92 % des enfants et les médecins/infirmiers étaient satisfaits de l’examen dans environ 85 % des cas avec presque 90 % de sédations jugées efficaces. 87 % des enfants étaient estimés coopérants par les soignants. L’examen a finalement dû être converti en geste sous AG chez 8 % des patients.
Les différentes étapes de l’hypno-analgésie sont l’induction par la focalisation (sur la respiration par exemple) associée à un geste signal, la dissociation où l’on suggère un voyage intérieur à l’enfant, le saupoudrage qui intègre à l’histoire de façon positive les stimuli extérieurs (gestes, soins, bruits) quels qu’ils soient (visuels, olfactifs, kinesthésiques, gustatifs, auditifs). Enfin, on aide le patient au retour à l’état de conscience initial en entamant un décompte et le resituant, puis on le félicite pour la réalisation de l’examen. Afin que ces étapes se déroulent de la meilleure manière, il faut savoir entrer en relation avec l’enfant et son imaginaire tout en utilisant une communication positive afin de le défocaliser du soin douloureux en captant sa sensorialité. Les rares contre-indications de l’hypnose sont les difficultés de communication, les troubles psychotiques ou une équipe non réceptive. Elle est discutée également en fonction du degré d’urgence, de l’âge du patient ou de la nécessité d’un geste interventionnel.
Après une formation nécessaire, l’hypnoanalgésie peut donc être utilisée largement en endoscopie permettant ainsi d’éviter une AG à l’enfant si celle-ci n’est pas indispensable ou non réalisable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 5 - N° 3
P. 237 - septembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
