Réactivation EBV sous immunothérapie - 01/12/22
Résumé |
Introduction |
Les inhibiteurs de checkpoints ont considérablement amélioré le pronostic du mélanome au cours des dernières années. Néanmoins, de nombreux effets secondaires, notamment infectieux ont été décrits.
Matériel et méthodes |
Nous décrivons ici le cas d’un patient présentant une réactivation virale à Epstein Barr virus (EBV) suite à une immunothérapie par nivolumab et ipilumumab.
Observations |
Un patient de 38 ans, sans antécédent, avait subi une exérèse d’un mélanome de l’épaule droite en 2020, d’indice de Breslow 4,5mm, ganglion sentinelle positif, BRAF muté, le bilan d’extension était négatif. Une thérapie ciblée adjuvante a été instaurée en août 2020, puis arrêtée au bout d’un an de surveillance normale. En novembre 2021, devant une récidive cérébrale symptomatique il avait été décidé de traiter le patient par corticothérapie et thérapie ciblée. Puis nous avons mis en place, en 2e ligne, une immunothérapie (nivolumab et ipilimumab) alors que le patient était redevenu asymptomatique et que la corticothérapie avait été sevrée. La première cure a été réalisée le 08/02/22. À cette date le patient ne prenait comme autre traitement qu’une dose substitutive d’hydrocortisone (20mg par jour).
Le 25/02/22 le patient indiquait une altération de l’état général avec lésions aphtoïdes des deux faces internes des lèvres et fièvre à 39°C. À son entrée en hospitalisation nous avons découvert une cytolyse à 4 fois la normale. La PCR HSV était négative sur le prélèvement local des lésions aphtoïdes. Le bilan d’hépatite montrait une sérologie EBV positive, en faveur d’une infection ancienne avec une PCR montrant une charge virale EBV positive. Le patient s’est spontanément amélioré, les aphtes ont cicatrisé sous traitement local.
Discussion |
Devant l’association de lésions aphtoïdes, fièvre, cytolyse et une charge virale positive nous avons retenu le diagnostic d’une réactivation virale de l’EBV en lien avec l’immunothérapie.
Les données sur l’influence de l’immunothérapie sur les herpès virus sont discordantes. Certains travaux suggèrent que la voie PD1, inhibitrice des lymphocytes T, pourrait être surexprimée à la surface des cellules infectées lors d’infection virale chronique, ce qui empêcherait la clairance virale. Ainsi, certaines observations vont dans le sens d’une hausse de la clairance virale sous anti-PD1. À l’inverse d’autres observations, à l’instar de la nôtre, montrent des réactivations virales des herpès virus (EBV, HSV ou CMV) sous immunothérapie anti-PD1. Ces réactivations des herpès virus suite à l’immunothérapie paraissent néanmoins plus rares que celles liées aux traitements symptomatiques (corticoïdes, anti-TNF-alpha) que nous instaurons face aux effets indésirables « classiques » de l’immunothérapie.
Nous n’avons pas trouvé notion dans la littérature d’une hausse épidémiologique des réactivations virale sous anti-PD1, alors même que ces traitements sont largement prescrits. Néanmoins, cette hausse pourrait être sous-estimée au vu de la symptomatologie souvent bénigne et donc d’une absence de notification.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 2 - N° 8S1
P. A231 - novembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
