Lymphome B diffus à grandes cellules de localisation maxillaire : à propos d’un cas - 07/12/22
, H. Khibri 1, M. Maamar 1, N. Moatassim 1, W. Ammouri 1, H. Harmouche 1, M. Adnaoui 1, Z. Tazi Mezalek 2Résumé |
Introduction |
Les lymphomes non hodgkiniens sont des tumeurs rarement observées au niveau des sinus maxillaires. Nous rapportons le cas d’un lymphome B diffus à grandes cellules de localisation maxillaire, mettant en exergue les difficultés diagnostiques pouvant être rencontrées face à un tableau clinicoradiologique peu évocateur et un site difficile d’accès à la biopsie.
Résultats |
Une patiente de 57 ans, sans antécédents, présentait des paresthésies intermittentes de la joue droite, sans autres signes associés. L’évolution était marquée par la survenue deux mois plus tard d’un déficit sensitivomoteur de la joue droite, accompagné de sueurs nocturnes et d’une altération rapide de l’état général. Après une exploration dentaire sans anomalie, le scanner des sinus et du massif facial montrait un processus lésionnel tissulaire du maxillaire droit, mesurant 35×30mm, envahissant la fosse infra-temporale, avec une importante ostéolyse en regard, faisant évoquer un carcinome du sinus maxillaire. Une première biopsie de la lésion tumorale, effectuée par voie rhinoseptale, était non contributive. L’analyse histologique et immunohistochimique de la seconde biopsie, réalisée par voie transvestibulaire et transpalatine, était en faveur d’un lymphome B diffus à grandes cellules, de type centre non germinatif : CD20+ CD5-, CD10-, CD138-. Sur le plan biologique, un syndrome inflammatoire isolé était observé avec notamment une VS à 122mm/h et une hyper-alpha2-globulinémie à l’électrophorèse des protéines sériques. Au bilan d’extension, la biopsie ostéomédullaire et l’analyse du liquide céphalorachidien étaient sans particularités. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien ne retrouvait pas de localisation sus- ou sous-diaphragmatique, mais une image tissulaire était observée au niveau de l’apophyse épineuse de L1, mesurant 27×24×18mm. L’exploration scintigraphique par TEP TDM au 18FDG mettait en évidence un foyer hypermétabolique pathologique lytique intense de l’apophyse épineuse de L1 (SUVmax=17,6), associé à un foyer hypermétabolique pathologique intense du sinus maxillaire droit, étendu à la fosse temporale et au sinus ethmoïdal droit (SUVmax=14,3). Ainsi, le diagnostic d’un lymphome B diffus à grandes cellules de stade IV était retenu. Une chimiothérapie par voie systémique et intrathécale était instaurée, à type de protocole R-CHOP. Une rémission complète était obtenue après 6 cures, avec disparition complète des deux foyers hypermétaboliques au TEP-scanner. Après un recul de 5 ans, aucune récidive tumorale n’était observée, et la patiente était déclarée guérie.
Conclusion |
Le lymphome non Hodgkinien de localisation maxillaire est une entité rare, dont le mode de présentation atypique peut poser un véritable défi diagnostique. Dans ce cas clinique, l’instauration rapide de la chimiothérapie a permis la guérison de la patiente.
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Vol 43 - N° S2
P. A445-A446 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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