Point SINTES 2021 : intensification de la circulation des cannabinoïdes de synthèse et des cathinones, des teneurs de cocaïne qui restent élevées - 11/12/22
Résumé |
Introduction |
Le dispositif SINTES (Système national d’information sur les toxiques et les substances) a été lancé par l’OFDT en 1999. Il a pour objectif de documenter la composition des produits psychoactifs circulants issus de la collecte auprès d’usagers, en s’appuyant sur un réseau de laboratoires de toxicologie (police scientifique, douanes, laboratoire hospitalo-universitaire). Cet outil permet de participer à la veille sanitaire sur les substances psychoactives et à l’information précoce sur les nouvelles substances en contribuant à l’Early Warning System (EWS) [1] de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) ainsi qu’à la cellule nationale d’alerte.
Matériel et méthodes |
Ce dispositif fonctionne grâce à un réseau de laboratoires d’analyses et un réseau de coordinations locales SINTES [2]. Ces coordinations sont implantées dans 16 grandes villes de métropole et d’outre-mer, assurent la gestion et le recrutement des centaines de collecteurs présents sur le territoire national. La collecte d’échantillons doit répondre à un des critères suivants : effet inattendu ou indésirable, produit nouveau ou rare, non reconnaissance en analyse de réduction des risques et des dommages (RdRD) sur site. En raison des motifs d’inclusion, SINTES n’a pas d’objectif de représentativité.
Résultats |
En 2021, 527 échantillons ont été collectés. Parmi eux, 85 contenaient de la cocaïne (poudre acide et base « crack »). Cette dernière a été quantifiée dans 71 cas, montrant une majorité de produits aux teneurs élevées (médiane : 73,3 %, étendue interquartile : 49,5–85). Les collectes d’héroïne (n=67) pour 2021 conduisent à des observations semblables à celles de l’année précédente [3], avec une prédominance de produits largement coupés (n=59 échantillons quantifiés, médiane : 11,0 % étendue interquartile : 7,7–21), principalement par de la caféine et du paracétamol (n=62, soit 92,5 %). Le phénomène du cannabis adultéré aux cannabinoïdes de synthèse [4] s’est poursuivi en 2021, par la collecte de 55 échantillons avec une adultération documentée (n=30) ou suspectée (n=25), sur les 107 échantillons de cannabis (résine et herbe). Le MDMB-4en-PINACA est l’adultérant le plus fréquemment détecté (n=28 soit 93,3 %). Par ailleurs, 44 échantillons de cathinones synthétiques ont été analysés, il s’agit en majorité de la 3-MMC (n=18), suivie de la CMC (n=8, dont 6 étaient vendues à l’usager en tant que 3-MMC). Les collectes SINTES ont conduit, en 2021, à l’identification de 13 nouvelles substances, parmi les 33 nouvelles identifications en France transmises à l’EMCDDA dans le cadre de l’Early Warning System. Les cannabinoïdes de synthèse constituent la catégorie la plus présente (n=10), devant les opioïdes (n=5) et les phényléthylamines dissociatives (n=5).
Conclusion |
Les observations en 2021 se situent dans la continuité de l’année précédente, avec l’amplification du phénomène des cannabinoïdes de synthèse et de la diffusion des cathinones ainsi que la persistance de cocaïne avec des teneurs élevées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Analyse, Veille sanitaire, Cathinones, Cocaïne, Early Warning System
Plan
Vol 77 - N° 6
P. 764 - novembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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