Optimisation pharmaceutique de la consommation de thérapeutiques alternatives et complémentaires chez les patients sous anticancéreux : impact du pharmacien clinicien - 15/12/22
, C. Herledan, R. Kimbidima, A. Guerin-rollin, L. Hoden, N. Vantard, F. Ranchon, C. Rioufol, A. BaudoinRésumé |
Contexte |
Plus d’un tiers des patients atteints de cancer utilise des thérapeutiques alternatives et complémentaires (TACs), généralement considérées par ces derniers comme sans risque sur leur santé ou sur les traitements du cancer.
Objectifs |
L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact d’une expertise pharmaceutique clinique dans l’optimisation de la consommation de TACs chez les patients atteints de cancer.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude descriptive réalisée sur une période de 5 mois, recensant les demandes effectuées par les prescripteurs au pharmacien clinicien sur les potentielles interactions (IM) entre les TACs de leurs patients et leur traitement anticancéreux. Les TACs analysées dans cette étude concernaient des compléments alimentaires à base de phytothérapie, d’oligo-éléments et de vitamines. Pour effectuer l’analyse des potentielles IM, les bases utilisées étaient Hedrine®, le module « about herbs » développé par le Memorial Sloan Kettering Cancer Center (USA) ainsi que la base de données PubMed®.
Résultats |
De juin à octobre 2021, le recours à 77 TACs a été analysé pour 31 patients. Quatre-vingt-onze pour cent des demandes concernaient des patients traités par chimiothérapies anticancéreuses injectables, 9 % concernaient des patients traités par anticancéreux oraux. Quatre-vingt pour cent des TACs correspondaient à de la phytothérapie. Plus de la moitié des TACs analysées (n=42, 54,5 %) présentait au moins un risque d’IM avec l’anticancéreux ou le cancer, déconseillant la prise de celles-ci. Quarante-huit pour cent de ces IM étaient d’ordre pharmacocinétique avec un risque de diminution/majoration de l’effet de l’anticancéreux (ex. : desmodium et inhibition du CYP3A4). Quarante-cinq pour cent des IM étaient d’ordre pharmacodynamique avec une potentielle de majoration de la toxicité de l’anticancéreux. Dans trois cas (7,1 % des IM), les patientes atteintes de cancer du sein souhaitaient consommer des phyto-œstrogènes, molécules à risque d’aggravation du cancer. La réponse pharmaceutique était faite directement au médecin demandeur, l’acceptation des patients n’a donc pas pu être évaluée.
Discussion/Conclusion |
Les thérapeutiques alternatives et complémentaires font l’objet de nombreuses interactions avec les traitements anticancéreux, et sont largement consommées par les patients. L’expertise pharmaceutique est indispensable pour limiter les risques liés à leur consommation. Une approche plus globale impliquant la recherche des raisons motivant ce recours aux TAC par les patients est nécessaire afin de mieux répondre à leurs besoins. Le partage des recherches réalisées avec les pharmaciens d’officine est aussi à amplifier pour assurer un même discours auprès des patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Interactions médicamenteuses, Agents anticancéreux, Thérapeutiques alternatives et complémentaires
Plan
Vol 57 - N° 4
P. e52 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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