Évaluation des pratiques d’administration de médicaments par sonde entérale dans un service de neurologie, centre expert Parkinson - 15/12/22
Résumé |
Contexte |
Les affections neurologiques responsables de troubles de la déglutition figurent parmi les indications les plus fréquentes de pose de gastrostomie endoscopique percutanée (GPE) ou de sonde nasogastrique (SNG). L’administration de médicaments par une sonde entérale est une tâche interprofessionnelle qui doit tenir compte d’aspects à la fois médicaux, paramédicaux et pharmaceutiques. Tous les médicaments sous forme orale sèche ne sont pas adaptés à ces pratiques et les pratiques de prescriptions ne permettent pas d’identifier la présence de sonde entérale sur le logiciel de prescription de façon systématique.
Objectifs |
L’objectif de notre travail a été d’évaluer les pratiques d’administration des médicaments par sonde entérale dans un service de neurologie, centre expert Parkinson.
Patients et méthodes |
Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique à partir des dossiers des patients admis dans le service de neurologie de CHU – centre expert de la maladie de Parkinson et porteur de GPE ou SNG, entre septembre 2020 et octobre 2021. Les paramètres étudiés étaient : la raison de la mise en place de GPE ou SNG, le nombre de médicaments administrés par sonde, les classes thérapeutiques concernées, les modalités d’administration, le nombre de non-conformités (NC) aux référentiels proposés par la Société française de pharmacie clinique et les hôpitaux universitaires de Genève ainsi que la disponibilité des alternatives proposées au livret de l’hôpital.
Résultats |
Dans cette étude, 40 patients étaient porteurs de sonde entérale, 24 traités par Duodopa® et 16 pour troubles de la déglutition (10 GPE et 6 SNG). Les patients étaient âgés de 70±10 ans, sexe ratio H/F 23/17. Trente-sept patients étaient suivis pour un syndrome parkinsonien et trois pour d’autres pathologies du mouvement. En complément de Duodopa®, l’administration par sonde entérale concernait 112 médicaments pour 17 patients, avec en moyenne 6,7±3,6 médicaments par patient. La modalité d’administration « via GPE » était mentionnée sur la prescription de 9 patients sur 17. Nous avons identifié 24 NC concernant 18 médicaments, avec 1,4±1,6 NC par patient. Les NC concernaient 8 comprimés non écrasables, 4 gélules non ouvrables et 6 absences de données. Les classes thérapeutiques concernées étaient les médicaments du système neveux (56 %), du système cardiovasculaire (22 %), du système digestif (11 %) et du système génito-urinaire (11 %). Les référentiels proposaient une alternative dans 67 % des cas. Les alternatives étaient toutes disponibles au livret de l’hôpital, ce qui illustre que 67 % des NC étaient évitables.
Discussion/conclusion |
Ces résultats illustrent la nécessité d’une amélioration des pratiques dans ce service. Nous identifions l’opportunité de mettre en place une expertise pharmaceutique proactive lors du passage des traitements de la voie orale à la voie entérale.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Troubles de la déglutition, Sonde entérale, Modalités d’administration
Plan
Vol 57 - N° 4
P. e92-e93 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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