Programme de prévention des pathologies d’épaule en entreprise - 29/03/23
Résumé |
Introduction |
Les douleurs de l’espace sous acromial (tendinopathies de la coiffe des rotateurs) représentent 32 % des troubles musculosquelettiques en France. Leur traitement est long (300 jours d’arrêt de travail) et coûteux (45 000 euros de coûts directs). L’enquête COSALI a montré que plusieurs années après, 65 % des salariés ont encore une évolution défavorable. L’objectif de ce travail était d’évaluer s’il était possible de diminuer les syndromes avérés de la coiffe des rotateurs chez des artisans d’une grande entreprise de maroquinerie.
Matériel et méthodes |
Nous avons appliqué le programme Ostéart à un groupe de 1114 artisans maroquiniers. Des kiné-préventeurs réalisaient 3 heures d’atelier collectif pour impliquer les salariés dans ce programme de 6 mois. Après recueil du consentement du salarié, un bilan individuel complet de 45 minutes était effectué en début et fin de programme ; 1 bilan de 30 minutes était réalisé tous les mois. Les douleurs, les gênes, les amplitudes articulaires scapulo-humérales, les tests orthopédiques (signe de Neer, test de Hawkins et de Jobe) étaient contrôlés à chaque visite. Les kiné-préventeurs effectuaient des mobilisations articulaires et prescrivaient des exercices d’étirement et de tonification musculaire adaptés à chaque salarié. Des sessions collectives de 30 minutes permettaient d’enseigner ces exercices qui étaient ajustés tous les mois en fonction des visites individuelles de suivi.
Résultats |
Lors du bilan initial, les douleurs de l’espace sous acromial (signe de Neer et test de Hawkins) étaient présentes chez 41 % des salariés et le test de Jobe (mise en tension des abducteurs) était douloureux chez 25 %. À l’issue du programme, le signe de Neer et le test de Hawkins n’étaient plus douloureux que chez 4 % des salariés et le test de Jobe chez 2 %.
Discussion/conclusion |
Les résultats de cette étude prospective montrent qu’une action individuelle et collective de 6 mois, peut diviser par 10 les douleurs d’épaule ressenties par les salariés lors de l’examen clinique. Les mobilisations articulaires et la prescription d’exercices réalisées par le kiné-préventeur en fonction du bilan et adaptés dans le temps, permettent de progresser sans déclencher de réaction douloureuse ou de décompensation sur des sujets parfois fragiles.
Cette étude montre que l’action préventive des kinésithérapeutes en entreprise permet de diminuer considérablement les douleurs d’épaule étiquetées syndrome de la coiffe des rotateurs.
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Vol 23 - N° 255
P. 53 - mars 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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