L’influence des troubles sensorimoteurs sur la planification motrice - 29/03/23
, Lucette Toussaint 2, Thomas Rulleau 3Résumé |
Introduction |
Les troubles sensorimoteurs englobent l’ensemble des troubles sensoriels et moteurs, comme les troubles musculosquelettiques [1]. Ces derniers représentant un coût [2], l’amélioration des soins adéquats est nécessaire. Évaluer les aspects du contrôle des mouvements humains perturbés par les troubles sensorimoteurs est nécessaire pour orienter de façon optimale ces soins. Nous investiguons ici spécifiquement les conséquences des troubles sensorimoteurs sur les capacités de planification motrice (PM) des personnes âgées.
Matériel et méthodes |
Dans cette étude exploratoire et observationnelle réalisée en cabinet de kinésithérapie libéral, 60 sujets droitiers de 60+ ans ont été recrutés, francophones, sans trouble des fonctions supérieures et pouvant utiliser leurs membres supérieurs. Les sujets effectuaient une tâche PM (jugement de saisie d’objets estimant la capacité des sujets à anticiper une saisie correcte) et une tâche sensorimotrice de précision (chevilles à insérer dans un support évaluant leur dextérité manuelle). Ils ont passé des tests cognitifs, moteurs et d’imagerie motrice (MMSE, QuickDASH et VMIQ).
Les performances QuickDASH ont permis de répartir le groupe « Âgé déficient » (score>50) du groupe « Âgé sain » (score<50). Les tests T de Student et les coefficients de corrélation ont été effectués via le logiciel Jasp® (significativité p<0,05).
Résultats |
Trente sujets ont été inclus dans chaque groupe. Les sujets du groupe « Âgé déficient » mettent 1403ms de plus (p=0,01) pour réaliser 11 % d’erreurs supplémentaires (p=0,003) que le groupe « Âgés sains » lors de la tâche PM. Les capacités de représentation mentale sont inférieures dans le groupe « Âgé Déficient » par rapport au groupe « Âgé sain » (p=0,05). La tâche de dextérité manuelle confirme la déficience motrice du groupe « Âgé déficient » (p<0,001). Les coefficients de corrélation mettent en évidence une liaison forte entre la déficience temporelle en PM et la déficience motrice (r=−0,500, p<0,001) et entre les deux perspectives du VMIQ (r=0,800 p<0,001).
Discussion/conclusion |
Cette étude confirme les effets délétères [3] des troubles sensorimoteurs dans les mouvements du membre supérieur sur les capacités de planification motrice des sujets âgés. Pour minorer cette fragilisation de la personne âgée, une stratégie sensorimotrice de reprogrammation associée à une rééducation classique limitant les conséquences de ces troubles sensorimoteurs [4] reste à définir. De plus amples études sont nécessaires.
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Vol 23 - N° 255
P. 9 - mars 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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