Allergie au paracétamol - 08/04/23
, B. Ouni 1, 2, F. Chahed 1, 2, M. Sassi 3, C. Ben Salem 1, 2, N. Fathallah 1, 2Résumé |
Introduction (contexte de la recherche) |
Vu ses propriétés antalgique et antipyrétique, le paracétamol est un des médicaments les plus utilisés et prescrits dans le monde. Malgré sa grande sécurité d’emploi, il est non dénué d’effets indésirables notamment cutanés.
Objectif |
Décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, paracliniques et évolutives des allergies au paracétamol.
Méthodes |
Étude descriptive rétrospective monocentrique concernant tous les cas d’allergie au paracétamol notifiés au centre régional de pharmacovigilance de Sousse sur une période de 4 ans (2016–2019). L’imputabilité médicamenteuse du paracétamol a été établie selon le score de Naranjo.
Résultats |
Nous avons recensé 29 cas d’allergie cutanée au paracétamol. L’âge médian des patients était de 48 ans. Le sex-ratio H/F était de 1,23. Trois patients avaient un terrain d’atopie et 12 patients (41,4 %) avaient un antécédent d’allergie médicamenteuse (dont 75 % une allergie connue au paracétamol). Le délai d’apparition de l’effet indésirable cutané chez nos patients variait de quelques minutes à plusieurs jours avec une moyenne d’environ 1,4 jours. Il s’agissait de 14 cas d’allergie immédiate et 15 cas d’allergie retardée. Le paracétamol était pris en automédication chez 48 % des patients et en association avec un autre médicament dans 37,9 % des cas. Les lésions rencontrées étaient de types variables : érythème pigmenté fixe (51,8 %), urticaire (34,5 %), éruption maculopapuleuse (10,2 %) et syndrome de Stevens–Johnson (3,4 %). Neuf patients (31 %) ont présenté un signe de gravité. L’imputabilité du paracétamol selon l’algorithme de Naranjo était certaine dans 44,8 % des cas, possible dans 31,1 % des cas, et probable dans 24,1 %cas. Les tests cutanés ont été réalisés chez 18 patients (62,1 %) et ils n’étaient positifs que chez 22,2 % des patients testés. Tous les patients ont évolué favorablement à l’arrêt du paracétamol, 24,1 % ayant gardés des lésions séquellaires à type d’hyperpigmentation.
Conclusions |
L’allergie au paracétamol est relativement rare mais est à prendre en compte au vu de la fréquence d’utilisation de ce médicament. Lors du diagnostic positif, il est important d’éduquer le patient car cette molécule est présente dans un grand nombre de spécialités.
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Vol 63 - N° 3
Article 103518- avril 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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