Les exosquelettes, « solution miracle » aux troubles musculosquelettiques ? Comment ces nouveaux dispositifs réinterrogent l’approche d’analyse en prévention des TMS - 11/04/23
Exoskeletons, “miracle solution” to musculoskeletal disorders ? How these new devices re-examine the analysis approach to MSDs prevention
Résumé |
Contexte |
En prévention des TMS, les transformations techniques, organisationnelles, spatiales, ou encore de méthodes de travail font partie des leviers fréquemment mobilisés. Ces transformations du travail ou de son environnement doivent souvent « faire avec » des déterminants intrinsèques à la nature de l’activité, qu’il n’est pas possible de modifier. Un dispositif venant modifier la façon de travailler, impacter directement la nature du travail, tout en restant compatible avec ses déterminants, reste rare. Les exosquelettes, ou dispositifs d’assistance physique à contention (DAPac), font partie de ces équipements. Ce ne sont ni des équipements de protection individuelle (EPI), ni des outils classiques, mais des dispositifs d’assistance. En cela, ils sont susceptibles d’impacter significativement les conditions de travail, et notamment les risques professionnels tels que les TMS, en modifiant la façon dont le travail est réalisé.
Réinterroger le processus d’analyse du travail et d’accompagnement lors de l’introduction d’un DAPac de type exosquelette, par rapport à des démarches de conception classiques, devient nécessaire. Au travers d’un exemple de conception et d’expérimentation d’un exosquelette, les interactions entre facteurs font émerger la nécessité d’une démarche itérative, et une remise en question de la conception des situations. Comment apporter les éléments nécessaires à une mise en place réussie d’exosquelettes ? En quoi les exosquelettes peuvent et doivent-ils réinterroger l’approche des TMS et ses facteurs ?
Objectif de travail |
Un projet d’expérimentation concernant les exosquelettes a été décidé au niveau de la Direction du Matériel de SNCF Mobilités et confié à son pôle Ergonomie et Facteurs Organisationnels et Humains. Les objectifs de ce projet sont de vérifier si ces nouvelles technologies sont adaptées à la maintenance du matériel ferroviaire et d’intégrer l’analyse des risques dans ces projets.
Méthodologie |
Le projet s’est déroulé appuyé en 4 phases :
– expérimentation et tests avec produit standard et prototype sur activité de travail ;
– modifications/évolutions apportées au prototype ;
– organisation dans plusieurs établissements de tests, déverminage du dispositif ;
– avis (favorables/défavorables/avec réserves), validation, selon le type de dispositif, son impact sur l’environnement de travail (production, sécurité, ….), accompagnement pour déploiement.
Chaque phase comprenait une évaluation subjective avec les utilisateurs, et des mesures objectives en situation de travail.
Résultats |
Les risques ont été analysés, des mesures de prévention spécifiques ont été proposées, nécessitant des adaptations des organisations, du management, des procédures. Concernant les risques de TMS, les exosquelettes peuvent améliorer une situation de travail et être un facteur de prévention, mais aussi conduire à des dégradations du travail. Leur introduction nécessite une remise à plat des méthodes de travail, et un réapprentissage des gestes métiers. De nouveaux comportements cognitifs et moteurs doivent être développés par les utilisateurs.
Discussion et conclusion |
Vus parfois comme des outils miracles, les exosquelettes nécessitent une évaluation de leur impact sur le travail. Leur implantation sans une réflexion approfondie risque d’altérer les conditions de santé, de sécurité et d’aggraver les risques de TMS. Dans un monde où ces dispositifs seront peut-être déployés très largement, il sera nécessaire de s’interroger sur la façon d’accompagner les entreprises.
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Vol 84 - N° 2
Article 101741- avril 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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