La composition cellulaire du tissue adipeux sous-cutané et viscéral est déterminante pour la santé métabolique et les résultats de la chirurgie bariatrique chez les patients ayant une obésité sévère - 09/05/23
Résumé |
Introduction et but de l’étude |
La chirurgie bariatrique (CB) est le traitement le plus efficace de l’obésité sévère à long terme. Cependant, l’importante variabilité inter-individuelle de la perte de poids (PP) et de la correction des désordres métaboliques après la chirurgie est incomplètement expliquée et très peu de données ont été publiées concernant l’influence de la cellularité du tissu adipeux. Notre objectif était donc d’explorer la relation entre la cellularité initiale des dépôts de graisse sous-cutanée (SAT) et viscérale (VAT), la PP et l’insulinorésistance (IR) après CB.
Matériel et méthodes |
Cent soixante et un sujets obèses sévères (IMC moyen 44±6kg/m2, âge 42±11 ans, 14 % d’hommes, 71 % de Roux-en-Y bypass gastrique) ont été inclus dans l’étude (cohorte SENADIP, ClinicalTrials.gov Identifier : NCT01525472). Des échantillons de SAT et de VAT ont été prélevés pendant la chirurgie. Après digestion enzymatique, le diamètre des adipocytes et le nombre de sous-types de progéniteurs et de cellules immunitaires ont été déterminés. L’évolution des paramètres anthropométriques et métaboliques a été étudiée à 1 an (n=153) et 3 ans (n=78) après la CB.
Résultats et analyses statistiques |
L’efficacité de la CB, en termes de perte de PP et de correction de l’IR, était associée à des compartiments cellulaires distincts selon le dépôt de graisse étudié. Une faible corrélation positive était observée entre l’IMC préopératoire, le nombre de progéniteurs adipogéniques (MSCA1+) et la taille des adipocytes principalement dans le SAT. En revanche, la perte de poids à 3 ans après CB était négativement associée au nombre initial de progéniteurs MSCA1+ et aux différents sous-types de lymphocytes dans le SAT, alors qu’elle était associée à la proportion de gros adipocytes matures dans le VAT. L’IR préopératoire était essentiellement associée au nombre de cellules MSCA1+ et de lymphocytes T dans le SAT, alors qu’elle était associée à la proportion de gros adipocytes et au nombre de macrophages dans le VAT. Ces caractéristiques initiales du tissu adipeux étaient également des prédicteurs négatifs de l’amélioration de l’IR à 3 ans de la CB. Enfin, le nombre de progéniteurs myofibrogéniques (−/CD271+) des 2 dépôts était déterminant pour la trajectoire pondérale des patients entre 1 an et 3 ans après la CB.
Conclusion |
Les caractéristiques du tissu adipeux en termes de taille des adipocytes, de sous-types de progéniteurs et de cellules immunitaires sont déterminantes dans les altérations métaboliques associées à l’obésité. De plus, les marqueurs de remodelage du tissu adipeux dans le SAT, ainsi que l’hypertrophie des adipocytes dans le VAT, sont tous deux prédictifs des résultats de la CB, en terme de PP et d’amélioration de l’IR, suggérant que la balance inter-dépôt entre l’hypertrophie et l’hyperplasie est un déterminant majeur de la santé métabolique.
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Vol 37 - N° 2S2
P. e8-e9 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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