Évolution de la prise en charge des endocardites infectieuses sur une période de 10 ans en CHU : impact de la mise en place d'une équipe endocardite - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
L'endocardite infectieuse (EI) reste associée à un taux de mortalité élevé. Les recommandations 2015 de la Société européenne de cardiologie soulignent l'importance de la prise en charge multidisciplinaire de l'EI par une équipe dédiée (ET). Nous rapportons les caractéristiques des cas d'EI sur une période de dix ans et décrivons l'impact de la mise en place d'une ET formalisée.
Matériels et méthodes |
Etude observationnelle. Les cas adultes d'EI certaines ou possibles selon les critères de Dukes modifiés, pris en charge de 2010 à 2020 ont été inclus. Les données ont été recueillies rétrospectivement pour la période 1 (P1=2010-2015, sans ET) et prospectivement pour la période 2 (P2=2017-2020: mise en place de l'ET). L'année 2016 a été exclue lors de l'analyse comparative car mise en place partielle de l'ET. Dans le cadre de l'ET, une alerte hémocultures, un bilan diagnostique, une réunion de concertation pluridisciplinaire EI hebdomadaire, un suivi des cas d'EI pendant un an ont été mis en place. L'ET est constituée d'un noyau dur comprenant infectiologues, cardiologues, chirurgiens cardiaques, anesthésistes réanimateurs. Chaque nouveau cas d'EI est discuté au fil de l'eau.
Résultats |
Au total 500 patients ont été inclus dont 49 en 2016, 70,4% étaient des hommes, avec un âge moyen de 68 (+/-11) ans. Les patients étaient hospitalisés dans un service de médecine dans 86,8% (N=434) en réanimation dans 13,2% (N=66). Parmi les documentations, les staphylocoques représentaient 37,8 % des cas dont Staphylococcus aureus 30,4%, les entérocoques 15,4 %, les streptocoques 14,4% des patients. La localisation était aortique dans 41,8% (n=188/481), 169 patients (36,2 %) ont développé une EI sur une prothèse valvulaire, un abcès intracardiaque était présent chez 53 (10,6 %) des patients. La complication la plus fréquente était l'accident vasculaire cérébral chez 114 patients (22,8 %), et une atteinte ostéo-articulaire était présente chez 91 (18,2 %) des patients. Le score de Charlson moyen était de 4,4, statistiquement différent entre P1 et P2 (4,13 (+/-2,7) vs 4,64 (+/-2,6) p=0,04). La localisation des EI et des complications emboliques ne différait pas entre les deux périodes. En analyse univariée, la durée d'hospitalisation était de 40 jours (+/-22,7) en P1vs 38 (+/-24,5) en P2 (p=0,009). L'insuffisance cardiaque était moins fréquente en P2 (31,8% en P1 vs 16,7%en P2, p=0,002). L'antibiothérapie (molécules et durée) était plus appropriée en P2 (47% en P1 contre 68% en P2, p<0,001). La fréquence et le moment de la chirurgie n'ont pas été modifiés entre les 2 périodes. La mortalité intra-hospitalière était de 14,7% contre 18,7% respectivement en P1 et P2 (p=0,31). En analyse multivariée, les facteurs de risque de mortalité intra-hospitalière identifiés étaient le score de Charlson (aOR 1,1 IC95% [1,02-1,2], p=0,009), et la survenue d'une insuffisance rénale aigue (IRA) selon KDIGO (2,8, IC95% 1,47-5,31, p=0,002). P2 était indépendamment associée à une moindre occurrence d'IRA (aOR 1,73 IC95% 1,34-2,22, p<0,005) et une antibiothérapie plus souvent appropriée (OR=1,44 IC95% [1,23-1,69] p<0.001). Une antibiothérapie appropriée était un facteur de protection contre l'apparition d'une IRA (aOR 0,5 IC95% [0,28;0,96], p<0,005).
Conclusion |
La mise en place d'une l'ET a été associés à une antibiothérapie plus appropriée, moins de morbidités (IRA, insuffisance cardiaque) et une stabilité de la mortalité malgré la prise en charge de patients plus comorbides. Nos résultats confortent les études précédentes montrant le bénéfice de la mise en place d'une ET et cette évaluation va nous aider à améliorer la prise de décision et l'organisation de notre ET.
Aucun lien d'intérêt
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S35-S36 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
