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La présence de matériel prothétique implanté est-elle synonyme de complications dans la bactériémie à Staphylococcus aureus ? - 18/05/23

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2023.03.109 
D. Blez 1, L. Labarbe 1, M. Gerlinger 1, J. Mainardi 1, N. Kassis 1, D. Lebeaux 1, M. Dubert 1
1 CHU HEGP, Paris, France 

Résumé

Introduction

La bactériémie à Staphylococcus aureus (BSA) est associée à une mortalité élevée liée à la fréquence des localisations septiques secondaires, qui définissent la BSA « compliquée ». Selon l'IDSA, la présence de matériel prothétique valvulaire, vasculaire ou orthopédique suffit à classer une BSA comme compliquée, indépendamment du bilan d'extension, et impose de prolonger l'antibiothérapie pendant 4 à 6 semaines.

Historiquement et dans une politique d'épargne des antibiotiques, nos recommandations locales proposent de ne pas poursuivre l'antibiothérapie au-delà de 14 jours en l'absence d'argument clinicoradiologique en faveur d'une localisation secondaire, avec ou sans matériel. L'objectif de l'étude est de comparer le devenir des patients présentant une BSA et traités 14 jours selon la présence ou non de matériel.

Matériels et méthodes

Il s'agissait d'une étude rétrospective monocentrique incluant les patients adultes ayant présenté une première BSA, entre juin 2015 et février 2021, avec un bilan d'extension négatif et dont le traitement prévisionnel était 14 jours après négativation des hémocultures. Étaient exclus les patients traités moins de 7 jours ou ayant fait l'objet de limitations thérapeutiques avant la fin du traitement. Le critère de jugement principal était la rechute de BSA et la mortalité à 3 mois (M3).

Résultats

Sur 612 BSA, 188 patients ont été inclus, dont 58 (31%) étaient porteurs de matériel (prothèse valvulaire ou vasculaire, n=22; prothèse ostéoarticulaire, n=40). Les patients porteurs de matériel étaient plus âgés (74 vs 65 ans, p<0,001), plus souvent à haut risque d'endocardite (valve prothétique, antécédent d'endocardite et cardiopathie congénitale à haut risque) (14/58 (24%) vs 0/130, p<0,001) et la BSA étaient moins souvent secondaire à une infection liée à un cathéter (25/58 (43%) vs 88/130 (68%), p=0,003). Une ETT était faite chez 173 patients (92%). Les patients porteurs de matériel bénéficiaient plus fréquemment d'un TEP-scanner (13/58 (22%) vs 5/130 (4%) (p=0,001)) et d'une ETO (17/58 (30%) vs 18/130 (14%) (p=0,05)). La durée médiane de traitement était 14 jours, avec un relais PO pour 108/188 (57%) des patients, après une durée médiane de 7 jours. Il y a eu 4/188 rechutes (2%) à M3, dont 3/58 (5%) chez les patients porteurs de matériel et 1/130 (1%) dans le groupe contrôle (p=0,1); l'évolution sous traitement a été favorable à M3 pour 3 patients, 1 patient est décédé sans lien avec la rechute. La mortalité à M3 était de 25/188 (13%), dont 11/58 (19%) dans les patients porteurs de matériel et 14/130 (11%) dans le groupe contrôle (p=0,4). Un patient était bactériémique au moment du décès.

Conclusion

Au prix d'une réalisation plus fréquente de l'ETO et du TEP-scanner, le traitement court de la BSA chez les patients porteurs de matériel ne semble pas associé à un surrisque statistiquement significatif de récidive et de mortalité à M3 et permet une réduction de la durée de traitement par rapport au recommandations actuelles.

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Vol 2 - N° 2S

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