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Une nouvelle espèce de scorpion est décrite en France métropolitaine : Buthus pyrenaeus. Quelles sont les implications cliniques de cette découverte ? - 24/09/23

Doi : 10.1016/j.toxac.2023.08.116 
Jules-Antoine Vaucel 1, 2, , Cédric Gil-Jardine 2, 3, Magali Labadie 1, Sébastien Larréché 4, 5, Camille Paradis 1, Audrey Nardon 1, Arnaud Courtois 1, Jérôme Langrand 5, 6, Hatem Kallel 7

the French PCC Research Group

1 Centre antipoison Nouvelle-Aquitaine, CHU de Bordeaux-Pellegrin, Bordeaux, France 
2 Service des urgences adulte, CHU de Bordeaux-Pellegrin, Bordeaux, France 
3 IETO Team, Bordeaux Population Health Research Center, université de Bordeaux, Bordeaux, France 
4 Département de biologie médicale, hôpital d’instruction des armées Bégin, Saint-Mandé, France 
5 Inserm UMRS-1144, University of Paris, Paris, France 
6 Centre antipoison de Paris, fédération de toxicologie (FeTox), hôpital Fernand-Widal, Paris, France 
7 Service de réanimation, centre hospitalier de Cayenne, Cayenne, French Guiana, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Le nombre total d’espèces de scorpion en France s’élève à 65 [1]. En métropole, six espèces de scorpions sont décrites depuis 1879 et aucun cas de décès n’a été rapporté [2]. Cependant, en 2021, une nouvelle espèce de scorpion du genre Buthus est décrite : Buthus pyrenaeus (Ythier ; 2021) [3]. Son habitat se situe dans les Pyrénées, uniquement au-dessus de 500m d’altitude à la différence de Buthus occitanus qui ne se retrouve pas à cette altitude. Sachant que les Buthus font partie des scorpions mortels dans le monde, nous voulions évaluer la dangerosité de Buthus pyrenaeus.

Méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique menée à partir des données des 8 centres antipoisons français entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2020. Ont été inclus les patients déclarant avoir été piqués par un Buthus autochtone (scorpion jaune) [2]. Initialement considérées comme des piqûres par Buthusoccitanus, les piqûres ayant eu lieu dans les montagnes des Pyrénées au-dessus de 500m d’altitude [3] (en utilisant le code postal du lieu d’envenimation) doivent aujourd’hui être considérées comme des piqûres par Buthus pyrenaeus.

Résultats

Il est rapporté aux centres antipoisons 86 cas de piqûre par Buthus dont 79 sont liés à Buthus occitanus et 7 à Buthus pyrenaeus. Les cas liés à une piqûre par Buthus pyrenaeus se sont limités à six envenimations de classe I et à un cas asymptomatique. Ceux liés à une piqûre par Buthus occitanus sont de classe I pour 62 patients, de classe II pour 7 patients. Dix patients étaient asymptomatiques. Aucun patient n’a présenté de défaillance d’organe (envenimation de classe III), de symptômes tardifs, de complications thrombotiques ou d’infection locale.

Discussion

Malgré l’utilisation de données nationales sur neuf ans, seulement sept cas de piqûre par Buthus pyrenaeus ont été rapportés. Ce faible nombre de cas est lié au faible nombre de rencontres entre l’homme et ce scorpion du fait de sa localisation spécifique assez isolée. La description de cette nouvelle espèce peut suggérer la présence d’autres espèces de scorpion non décrites sur le territoire français ou dans les pays européens.

Conclusion

Buthus occitanus et Buthus pyrenaeus sont responsables d’envenimations non graves. Cependant, le très faible nombre d’envenimations par Buthus pyrenaeus ne permet pas de conclure à son innocuité.

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Vol 35 - N° 3S

P. S128-S129 - octobre 2023 Retour au numéro
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