Une nouvelle espèce de scorpion est décrite en France métropolitaine : Buthus pyrenaeus. Quelles sont les implications cliniques de cette découverte ? - 24/09/23
, Cédric Gil-Jardine 2, 3, Magali Labadie 1, Sébastien Larréché 4, 5, Camille Paradis 1, Audrey Nardon 1, Arnaud Courtois 1, Jérôme Langrand 5, 6, Hatem Kallel 7the French PCC Research Group
Résumé |
Objectif |
Le nombre total d’espèces de scorpion en France s’élève à 65 [1]. En métropole, six espèces de scorpions sont décrites depuis 1879 et aucun cas de décès n’a été rapporté [2]. Cependant, en 2021, une nouvelle espèce de scorpion du genre Buthus est décrite : Buthus pyrenaeus (Ythier ; 2021) [3]. Son habitat se situe dans les Pyrénées, uniquement au-dessus de 500m d’altitude à la différence de Buthus occitanus qui ne se retrouve pas à cette altitude. Sachant que les Buthus font partie des scorpions mortels dans le monde, nous voulions évaluer la dangerosité de Buthus pyrenaeus.
Méthode |
Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique menée à partir des données des 8 centres antipoisons français entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2020. Ont été inclus les patients déclarant avoir été piqués par un Buthus autochtone (scorpion jaune) [2]. Initialement considérées comme des piqûres par Buthusoccitanus, les piqûres ayant eu lieu dans les montagnes des Pyrénées au-dessus de 500m d’altitude [3] (en utilisant le code postal du lieu d’envenimation) doivent aujourd’hui être considérées comme des piqûres par Buthus pyrenaeus.
Résultats |
Il est rapporté aux centres antipoisons 86 cas de piqûre par Buthus dont 79 sont liés à Buthus occitanus et 7 à Buthus pyrenaeus. Les cas liés à une piqûre par Buthus pyrenaeus se sont limités à six envenimations de classe I et à un cas asymptomatique. Ceux liés à une piqûre par Buthus occitanus sont de classe I pour 62 patients, de classe II pour 7 patients. Dix patients étaient asymptomatiques. Aucun patient n’a présenté de défaillance d’organe (envenimation de classe III), de symptômes tardifs, de complications thrombotiques ou d’infection locale.
Discussion |
Malgré l’utilisation de données nationales sur neuf ans, seulement sept cas de piqûre par Buthus pyrenaeus ont été rapportés. Ce faible nombre de cas est lié au faible nombre de rencontres entre l’homme et ce scorpion du fait de sa localisation spécifique assez isolée. La description de cette nouvelle espèce peut suggérer la présence d’autres espèces de scorpion non décrites sur le territoire français ou dans les pays européens.
Conclusion |
Buthus occitanus et Buthus pyrenaeus sont responsables d’envenimations non graves. Cependant, le très faible nombre d’envenimations par Buthus pyrenaeus ne permet pas de conclure à son innocuité.
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Vol 35 - N° 3S
P. S128-S129 - octobre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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