Présentation exceptionnelle d’un carcinome solide de la fesse - 18/11/23
Résumé |
Introduction |
Le carcinome solide est une tumeur annexielle maligne rare décrite pour la première fois en 1998 par Requena et al. et classée dans le groupe des carcinomes microkystiques. C’est une tumeur à croissance lente, cliniquement peu spécifique et habituellement localisée sur le cuir chevelu et le visage. Elle est très mal connue, aussi bien par les pathologistes que par les cliniciens. Nous rapportons un cas de carcinome solide de présentation exceptionnelle, localisé à la fesse.
Observations |
Un homme d’une quarantaine d’années consultait pour une lésion indolore de la fesse gauche, évoluant depuis 20 ans. Elle était apparue spontanément et s’étendait progressivement. Il s’agissait d’un nodule sous-cutané induré, mesurant 6×4cm, surmonté de deux plaques érythématosquameuses. À l’IRM, il y avait une infiltration cutanée irrégulière étendue au tissu adipeux, sans atteinte musculaire, ni du fascia. L’examen anatomopathologique montrait une prolifération de cellules ovalaires, à cytoplasme éosinophile et noyau régulier, organisées en travées et lobules au sein d’un stroma fibreux. Au centre de certaines travées, on voyait quelques globes cornés. Il y avait des images d’invasion périnerveuse. En analyse immunohistochimique, les cellules exprimaient fortement la p63 et les Cytokératines 5/6, alors que le marqueur folliculaire PHLDA1 était peu exprimé. L’indice de prolifération était très faible (Ki 67 à 1–2 %). L’ensemble était compatible avec un carcinome solide, diagnostic validé au cours d’une réunion nationale CARADERM. Une exérèse avec un centimètre de marge clinique a été réalisée, suivie d’une reprise chirurgicale jusqu’au fascia en raison de la persistance d’un reliquat tumoral. Il n’y avait pas récidive après 3 ans de suivi.
Discussion |
Le carcinome solide se caractérise histologiquement par une prolifération cellulaire dense agencée en lobules et travées, rappelant le carcinome lobulaire mammaire qui porte le même nom « solide ». Il y a peu d’atypies cellulaires et de mitoses, mais un important neurotropisme. L’indice de prolifération est faible. Les cellules expriment peu de marqueurs immunohistochomiques ; la p63 et les cytokératines 5/6 sont classiquement positives.
Il est actuellement considéré comme une variante du carcinome annexiel microkystique, dont il se distingue par la rareté des structures microkystiques et tubulaires.
Parmi les principaux diagnostics différentiels, on peut discuter le carcinome basocellulaire sclérodermiforme et le trichoépithéliome desmoplastique.
Il s’agit d’une tumeur localement agressive, très invasive, dont la prise en charge est chirurgicale, éventuellement par une chirurgie micrographique de Mohs. Le pronostic est bon en cas d’exérèse complète. Aucune localisation à la fesse n’a été décrite.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 3 - N° 8S1
P. A206 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
