La nécrobiose lipoïdique : une série de 9 cas - 28/11/23
, R. Chaabouni 2, A. Mayssa 1, S. Khadija 3, M. Amouri 3, M. Mseddi 3, E. Bahloul 3, H. Turki 3Résumé |
Introduction |
La nécrobiose lipoïdique est une dermatose inflammatoire granulomateuse rare d’évolution chronique. Elle touche fréquemment les sujets diabétiques. Des complications graves peuvent survenir notamment la transformation maligne. Plusieurs options thérapeutiques existent. Notre objectif était de déterminer les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, et thérapeutiques de cette affection.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les patients atteints de nécrobiose lipoïdique confirmée histologiquement durant une période de 7 ans (2015–2021).
Résultats |
Nous avons inclus 9 patients. L’âge médian était de 45 ans avec un sex-ratio (F/H) de 3,5. Huit patients étaient diabétiques. La durée d’évolution variaient de 1 à 7 ans. Le délai d’apparition des lésions par rapport à l’installation du diabète est d’environ 4 ans. L’interrogatoire révélait la notion de prurit dans 44 % des cas. Les lésions cutanées étaient localisées au niveau des jambes chez six patients. Une patiente avait des lésions multiples au niveau des membres et de l’abdomen. Deux patients avaient des lésions sur des cicatrices post-opératoires avec un délai d’apparition de 7 et 12 mois. La présentation clinique était des plaques érythémateuses scléroatrophiques bien limitées dans tous les cas. Une patiente avait des ulcérations superficielles sur les plaques. Le diagnostic clinique de nécrobiose lipoïdique était évoqué chez nos patients confirmé par l’examen anatomopathologique dans tous les cas. Le contrôle du diabète était recommandé chez les sujets diabétiques. Trois patients ont reçu le Plaquenil comme traitement. Le traitement était les dermocorticoïdes dans les autres cas. L’évolution était partiellement favorable dans tous les cas.
Discussion |
La nécrobiose lipoïdique est une maladie granulomateuse idiopathique rare. Elle fait partie du groupe des granulomes cutanés palissadiques. Elle est plus fréquente chez les sujets de sexe féminin. Elle touche souvent les sujets diabétiques avec une prévalence d’environ 2 %. Des cas d’association avec des maladies systémiques et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont été rapportés chez des sujets non diabétiques. Le tableau clinique classique est celui des plaques scléroatrophiques rouges et télangiectasiques a bords nets avec un centre lisse jaunâtre des jambes comme dans notre série. Des cas d’apparition des lésions après un traumatisme ou une chirurgie ont été rapportés dans la littérature avec un délai variable de quelques mois à 38 ans. Le diagnostic est histologique avec la présence d’une réaction inflammatoire granulomateuse dont les histiocytes forment des palissades autour de foyers d’altération du tissu conjonctif. Des complications parfois graves ont été décrites à savoir l’ulcération, la surinfection cutanée et la transformation en carcinome épidermoïde. Un patient avait des lésions ulcérées dans notre série. Le contrôle du diabète est recommandé dans les formes localisées non compliquées. La corticothérapie locale constitue le traitement de première intention. La puvathérapie, le tacrolimus topique, la photothérapie dynamique, les immunosuppresseurs et la chirurgie avec greffe constituent des autres options thérapeutiques.
Conclusion |
La nécrobiose lipoïdique est une dermatose rare parfois source de complications justifiant un diagnostic et un traitement précoces.
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Vol 44 - N° S2
P. A423 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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