Sarcoïdose systémique à révélation cutanée : à propos d’une série hospitalière de 58 cas - 28/11/23
, F.N. Ghariani, N.E.I. Ouni, M. Lahouel, W. Romdhane, M. Tabka, M. Ben Kahla, N. Ghariani, S. Mokni, M. DenguezliRésumé |
Introduction |
La sarcoïdose est une granulomatose systémique d’étiologie indéterminée. Dans 80 % des cas, les manifestations cutanées se produisent au début de la maladie ou coexistent avec d’autres atteintes. Étant facilement observables, ces manifestations cutanées occupent une place prépondérante parmi les autres localisations. Le but de notre travail est d’étudier les particularités épidémiocliniques de la sarcoïdose à révélation cutanée et d’identifier les facteurs prédictifs de l’atteinte médiastino-pulmonaire.
Patients et méthodes |
À travers une étude descriptive monocentrique, nous avons colligé tous les cas de sarcoïdose cutanée, hospitalisés au service de dermatologie sur une période de 30 ans (entre janvier 1993 et mai 2023).
Résultats |
La médiane d’âge observée était de 46,9 ans, avec une fourchette allant de 11 à 74 ans. Le ratio femmes/hommes était de 2,2. En ce qui concerne les comorbidités, 27,6 % des patients présentaient au moins une comorbidité cardiovasculaire, notamment l’hypertension artérielle (13,8 %) et le diabète (22,4 %). Les symptômes les plus fréquents étaient l’essoufflement à l’effort (24,2 %) et les douleurs articulaires inflammatoires (19 %). Une xérostomie et/ou une xérophtalmie étaient rapportées dans 5 cas (8,6 %). Les lésions cutanées spécifiques de la sarcoïdose étaient classées selon leur fréquence : petits nodules (53,4 %), gros nodules (20,7 %), lésions hypodermiques (13,8 %), plaques cutanées (22,4 %), cicatrices (8,6 %) et lupus pernio (8,6 %). Le visage était la localisation la plus courante, observée chez 39 patients (67,2 %). Des lésions non spécifiques de la sarcoïdose étaient également notées, à type d’érythème noueux (10 patients), de granulomatose de la muqueuse labiale (3 cas) et de cicatrices alopéciques (3 cas). Les lésions cutanées constituaient la seule manifestation de la maladie dans 48,3 % des cas. L’atteinte médiastino-pulmonaire était la plus courante parmi les manifestations extracutanées, présente dans 43,8 % des cas. Cette localisation était associée à un âge plus avancé (p=0,012) et à une forme spécifique de la sarcoïdose, la sarcoïdose sur cicatrices cutanées (p=0,016). De plus, elle était significativement plus fréquente chez les femmes atteintes d’arthrite (p=0,044), de troubles respiratoires (p<0,001) et d’atteintes viscérales (p<0,001).
Discussion |
Nos résultats concordent avec les données de la littérature en ce qui concerne l’âge de survenue, la prédominance féminine et le polymorphisme clinique de la maladie. La fréquence élevée des formes cutanées pures pourrait être liée à un biais de sélection, le recrutement s’étant déroulé dans un service de dermatologie. Les sarcoïdes sur cicatrice, l’âge avancé, l’atteinte viscérale, les troubles respiratoires et l’atteinte articulaire semblent être associées à un risque plus important de localisation médiastino-pulmonaire.
Conclusion |
Nos données suggèrent l’existence de plusieurs phénotypes cliniques de la sarcoïdose et incitent à des études à plus large échelle afin d’optimiser la prise en charge thérapeutique.
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Vol 44 - N° S2
P. A478-A479 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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