Scratch Collapse Test : évaluation objective prospective chez 40 patients avec dynamomètre électronique K Invent - 07/12/23

Résumé |
Le Scratch Collapse Test (SCT) est apparu récemment comme un nouveau test de provocation pour aider au diagnostic de compression nerveuse. Ses sensibilités et spécificités sont très disparates dans la littérature, avec un test apparaissant subjectif, restant très controversé et peu évalué de manière objective. Notre objectif était d’évaluer de façon objective le SCT en mesurant la force de rotation externe d’épaule chez des patients atteints de syndromes canalaires (canal carpien et nerf ulnaire au coude) dans l’exacte même situation clinique du test.
Nous avons réalisé une évaluation monocentrique prospective incluant 40 patients. Nous avons inclus tous les patients présentant une compression du nerf ulnaire au coude ou du nerf médian au canal carpien confirmé par un électromyogramme lors d’une consultation préopératoire. Les critères d’exclusion étaient une inaptitude à la compréhension du test, une récidive de compression nerveuse, une instabilité pure du nerf ulnaire, tout antécédent pouvant affecter la sensibilité au niveau du bras ou toute pathologie ou douleur de l’épaule. Nous avons mesuré la force de rotation externe des 2 épaules en simultané grâce au dynamomètre de pression K-push (Kinvent) en situation exacte de réalisation du SCT avant et après le « scratch ».
Nous avons inclus 40 patients, dont 56 % de femme, l’âge moyen est de 57 ans. Le diagnostic était une compression du nerf médian au canal carpien dans 80 % des cas et du nerf ulnaire au coude dans 20 % des cas. Le côté dominant était atteint dans 58 % des cas. Les forces moyennes de rotation externe de l’épaule étaient de 9,3kg±2,4 avant le scratch et de 9,8kg±2,4 après le scratch, soit une augmentation de cette dernière post-SCT de +8 % (p<0,001).
Avant le SCT, les forces moyennes de rotation externe étaient de 9,2kg±2,4 pour le côté atteint et de 9,4kg±2,4 pour le côté controlatéral, soit une différence de 2 % (p=0,44). Après le SCT, les forces moyennes de rotation externe étaient de 9,8kg±2,4 pour le côté atteint et de 9,6kg±2,4 pour le côté controlatéral, soit une différence de 2 % (p=0,25).
Le SCT est basé sur une inhibition du tonus musculaire volontaire d’un hémicorps, et donc de la rotation externe d’épaule, facile à examiner en pratique courante, en réponse à un stimulus cutané en regard d’une zone de compression nerveuse homolatérale. Si son attraie a récemment augmenté, peu d’études s’intéressent au caractère objectif de cette inhibition musculaire. Nous n’avons pas mis en évidence de diminution de force de rotation externe d’épaule à la suite d’un « scratch », et cela dans un contexte de compression nerveuse avérée, notamment par un électromyogramme. Nous ne pouvons donc pas conseiller son utilisation dans un contexte de diagnostic.
Les mesures objectives de force de rotation externe d’épaule lors du SCT ne permettent pas d’affirmer la validité du test en cas de compression nerveuse avérée.
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Vol 42 - N° 6
P. 620 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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