Analyse de l’hexahydrocannabinol (HHC) : identification des épimères 9(R) et 9(S) du HHC et de son métabolite HHC-COOH par GC-MS et LC-MS/MS dans le plasma et l’urine - 21/02/24
, Jean-François Jourdil 2, Hélène Eysseric-Guerin 1, 2, Françoise Stanke-Labesque 2, 3, Théo Willeman 2, 4Résumé |
Introduction |
L’hexahydrocannabinol (HHC) est un cannabinoïde semi-synthétique d’apparition récente qui semble avoir des effets psychoactifs similaires au THC et surveillé en tant que nouveau produit de synthèse par l’EU Early Warning System depuis octobre 2022. L’Agence nationale de sécurité du médicament l’a classé comme stupéfiant en juin 2023. Le HHC peut être trouvé sous forme de deux épimères et il semble que le 9(R)HHC soit plus toxique que le 9(S)HHC [1]. L’objectif de cette étude est d’identifier, séparer et quantifier, dans le plasma et l’urine, le HHC ainsi qu’un de ses métabolites, le HHC-COOH et de l’appliquer à un cas d’intoxication non létal.
Méthode |
Dans un premier temps, les 3 molécules, le 9(R)HHC, le 9(S)HHC et le HHC-COOH, ont été analysées en GC-MS (Agilent 7890) ; tout d’abord après mise en solution dans l’acétate d’éthyle puis après silylation par BSTFA avec 1 % trimethylchlorosilate et enfin après extraction liquide-liquide en milieu basique en utilisant les tubes Interchim® ToxiVials de type A.
Dans un second temps, les 3 molécules ont été analysées en LC-MS/MS (Shimadzu SIL-20 AC XR et Sciex API 5500QTrap), pour développer une méthode de quantification MRM comprenant le HHC (317,2>193,1 et 317,2>123,1), le HHC-COOH (347,1>193,2 et 347,1>299,1) et le THC-d3 (318,1>196,1) comme standard interne, avec une limite de quantification à 0,5ng/mL.
La réactivité croisée des deux épimères et du métabolite carboxylique a été évaluée sur un dépistage immunochimique urinaire (Siemens Syva® Emit® II Plus Cannabinoid).
Résultats |
Les épimères, 9(R)HHC et 9(S)HHC, ont été séparés avec succès en GC-MS, particulièrement sous forme silylée. En revanche, une coélution des épimères 9(R)HHC et 9(S)HHC est observée en LC-MS/MS. Une réactivité croisée a été constatée par le dépistage immunochimique avec le HHC-COOH à 50ng/mL. Une consommation de HHC a été confirmée pour un patient avec des concentrations plasmatiques de HHC et HHC-COOH, respectivement, de 14 et 59ng/mL ainsi qu’une concentration urinaire en HHC-COOH libre de 15ng/mL et de 217ng/mL après hydrolyse chimique. Les urines du patient étaient positives pour le dépistage immunochimique, associé à une absence formelle de THC-COOH.
Conclusion |
Cette étude préliminaire a permis de démontrer que les épimères du HHC et son métabolite peuvent être chromatographiés efficacement par GC-MS, préférentiellement après silylation. La LC-MS/MS permet une quantification non distinctive des deux épimères et du principal métabolite. Ensemble, ces deux méthodes ont permis de documenter un premier cas d’intoxication à l’HHC et peuvent être appliquées en routine dans le but d’améliorer sa surveillance sur le territoire.
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Vol 36 - N° 1
P. 4-5 - mars 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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