Le risque cardiovasculaire en 2024 : application en santé travail - 19/05/24
Résumé |
En prévention cardiovasculaire, l’évaluation du niveau de risque constitue un préalable indispensable pour guider la prise en charge. Si le renforcement des règles hygiénodiététiques et le sevrage tabagique restent toujours d’actualité, la classification selon le niveau de risque oriente l’initiation d’une thérapeutique médicamenteuse, notamment à visée hypolipémiante, ainsi que l’objectif à atteindre en termes de réduction du cholestérol–LDL.
La Société européenne de cardiologie publie depuis de nombreuses années une actualisation régulière des recommandations en matière de prévention cardiovasculaire. Chez les sujets âgés de 40 à 69 ans apparemment sains (c’est-à-dire sans maladie cardiovasculaire établie, diabète, insuffisance rénale, ou forme familiale génétique d’hypercholestérolémie ou d’hypertension artérielle), l’équation SCORE2 peut être utilisée pour estimer le risque de présenter un événement cardiovasculaire aigu (infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral) dans les 10 ans. Cette estimation repose sur la connaissance du sexe, de l’âge, du statut tabagique, de la pression sanguine artérielle systolique et du taux de non-HDL cholestérol des patients. Il s’agit d’une formule actualisée et calibrée sur le niveau de risque moyen des pays. La France fait partie des pays à faible risque. Ainsi, lorsque le risque d’événement à 10 ans est inférieur à 5 % chez un sujet âgé entre 50 et 70 ans (<2,5 % chez les moins de 50 ans), le risque est considéré faible à modéré et ne justifie généralement pas d’une prise en charge médicamenteuse des facteurs de risque. Les patients avec antécédents cardiovasculaires, diabète, insuffisance rénale, ou porteur d’une forme familiale d’hypercholestérolémie ou d’hypertension artérielle sont considérés à haut, voire très haut risque cardiovasculaire et requièrent la mise en place de mesures médicamenteuses de prévention plus précoces.
Au-delà de l’utilisation de l’équation de risque SCORE2, l’évaluation du niveau de risque cardiovasculaire peut être précisée grâce à certains outils disponibles aujourd’hui. Ainsi, la mesure du score calcique coronaire peut être aidante chez les sujets à risque intermédiaire, pour prendre une décision quant à la nécessité d’initier un traitement hypolipémiant. Lorsque la mesure du score calcique n’est pas disponible, la recherche écho-Doppler de plaques d’athérome sur les carotides peut être utilisée comme alternative. La mise en évidence d’une fragilité est également considérée comme un modificateur du niveau de risque cardiovasculaire. À l’inverse, l’utilisation de scores de risque génomiques ou de biomarqueurs circulants ou urinaires n’est pas recommandée en pratique clinique courante.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Risque cardiovasculaire, SCORE2, Score calcique coronaire
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Vol 85 - N° 2-3
Article 102227- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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