Travailleurs sous psychotropes - 19/05/24
Résumé |
Avec 16 millions de personnes parmi les 11–75ans ayant déjà utilisé des traitements psychotropes, la France fait partie des pays européens les plus consommateurs de ces traitements. Les médicaments psychotropes les plus consommés sont les anxiolytiques et les hypnotiques suivis des antidépresseurs. Parmi la population active française, 15 à 20 % des travailleurs ont recours à un traitement psychotrope. Les catégories professionnelles consommant le plus de psychotropes sont les ouvriers, les employés et les professions intermédiaires. Il apparaît donc primordial de prendre en compte l’impact de la consommation de ces traitements sur l’activité professionnelle et notamment les risques liés à leur consommation.
Les traitements anxiolytiques et hypnotiques sont principalement représentés par les benzodiazépines et les apparentés aux benzodiazépines. Dans les effets secondaires de ces traitements, il est fréquent de retrouver une sédation, une somnolence, une altération de la vigilance ainsi qu’une amnésie antérograde. Ces effets secondaires vont donc avoir un impact sur diverses professions. Il est par exemple impossible de pouvoir effectuer une conduite de véhicule (e.g. voiture, train, tramway) lorsque l’on prend un traitement par benzodiazépines. De même, une personne prenant des benzodiazépines pourra rencontrer des difficultés de concentrations et de mémoires impactant donc la qualité de son travail. Ces divers éléments sont donc à prendre en compte lorsqu’une personne travail tout en prenant ce type de traitements avec par exemple la mise en place de postes adaptés.
Concernant les antidépresseurs, de récentes études ont permis de montrer que la prise d’antidépresseurs, lorsque le patient souffre de dépression, permet une amélioration de la qualité du travail et de la qualité de vie au travail. En effet, la dépression peut avoir comme conséquences une perte d’énergie, une fatigue importante et entraîner des troubles cognitifs. Ces divers éléments de la dépression vont donc amener à une diminution de la qualité du travail des patients. Par conséquent, la prise d’antidépresseurs, permettant une régression des symptômes dépressifs et une amélioration des fonctions cognitives va aboutir à une meilleure qualité de travail. Par conséquent, selon ces dernières études, la prise d’antidépresseurs ne semble pas avoir d’impact négatif sur le travail des patients, contrairement aux benzodiazépines, et au contraire semble même avoir un impact positif.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Psychotropes, Benzodiazépines, Antidépresseurs
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Vol 85 - N° 2-3
Article 102093- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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