Exposition aux risques chimiques dans une usine d’incinération d’ordures ménagères - 19/05/24
Résumé |
Introduction |
De multiples substances sont émises au cours du processus d’incinération. Une exposition des salariés à certaines substances est probable.
Objectifs |
L’objectif principal de ce travail est d’évaluer les expositions chimiques recensées de certains salariés d’une Usine d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) afin d’en déduire le risque pour leur santé. Les objectifs secondaires consistent en une réévaluation du protocole de suivi des salariés par le médecin du travail et la mise en place d’un suivi post professionnel.
Matériel et méthode |
Une revue de littérature a permis de sélectionner 105 publications, qui ont été regroupées suivant les trois critères suivants : (1) études de morbidité et de mortalité des salariés d’UIOM ; (2) études présentant les résultats de mesures atmosphériques effectuées dans des UIOM ; (3) études détaillant la réalisation chez les salariés d’UIOM de biométrologies et de bilans biologiques. Les résultats de biométrologies de 31 salariés ont également été étudiés (plombémie, cadmiurie, 1-OHP urinaire).
Résultats |
Les substances suivantes peuvent être présentes à des niveaux atmosphériques significatifs au sein des UIOM : poussières inhalables et alvéolaires, chrome hexavalent, aérosols de calcium, plomb, fer. Des niveaux d’exposition intermédiaire peuvent être rencontrés pour d’autres substances, suivant les tâches réalisées. Des niveaux d’exposition plus important au cadmium et aux dioxines ont pu être rencontrés avant les années 2000. Les niveaux des biométrologies des salariés d’UIOM semblent être en général proches des niveaux de la population générale. Ils ont pu être plus élevés par le passé pour certaines substances (dioxines, plomb). Certaines altérations biologiques sont retrouvées sur quelques études (système immunitaire, métabolisme cellulaire, stress oxydatif, atteintes génotoxiques). Une atteinte des fonctions respiratoires est possible. Au sein de l’UIOM étudiée, les niveaux de plombémie, de cadmiurie et de 1-OHP urinaire des salariés des équipes de maintenance et d’exploitation sont proches des niveaux de la population générale. Une diminution des niveaux de plombémie peut être observée au cours du temps.
Conclusion |
Des niveaux notables d’exposition peuvent être rencontrés pour certaines substances et engendrer un risque pour la santé des salariés. Le risque lié à la polyexposition à de multiples composés, même à faible dose, doit aussi être considéré. Des recommandations ont été établies concernant le suivi médical des salariés. La mise en place d’études épidémiologiques sur cette population pourrait compléter ce travail. La réduction des niveaux d’exposition par des mesures de prévention collectives et individuelles doit être priorisée.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Incinération, Déchets, Polyexposition, Plomb, Cadmium
Plan
Vol 85 - N° 2-3
Article 102281- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

